Vous n’avez pas pu passer à côté du crank. Notamment parce que Soulja Boy est en tournée européenne et qu’il a fait une apparition sur tous les plateaux télé français pendant une semaine.

Vous ne voyez toujours pas ?

Le crank, c’est LA danse issue de la chanson « Crank that » de Soulja Boy Tellem.
Soulja Boy Tellem littéralement « le jeune soldat leur dit » est un jeune rappeur américain de 17 ans venu d’Atlanta.
Il se fait connaître en posant sa vidéo « Crank that » sur Myspace et Youtube et fait un vrai carton en tenant 7 semaines en tête des charts américains. A l’occasion des Youtube Awards 2007, sa vidéo était d’ailleurs nominée parmi les meilleures du célèbre portail.



« La Macarena du Hip-hop »

La vidéo de Soulja Boy met essentiellement en avant la danse : sa chorégraphie est très accessible (beaucoup beaucoup plus que la tecktonik), vous maîtrisez rapidement les 5-6 pas et la Spéciale Superman grâce au tutoriel en ligne présenté par Soulja himself.

Cette simplicité fait que la danse a été très rapidement adoptée par un large public aux US. Tout le monde danse le crank : les équipes de foot américain dans les stades, les pom-pom girls, les enfants, etc…

Pourtant le crank n’a à la base rien pour être populaire. Mix de « crazy » et de « drunk », le mouvement vient du hip-hop hardcore du sud des US : la musique, tout comme les paroles ne sont pas très sophistiquées et servent principalement à se défouler, à bouger ou à vendre des sonneries de téléphone. Pour preuve, la pub qui défile dans le clip et qui a permis de vendre plus 3 millions de ringtones.
Comme dans la Tecktonik, on ne peut pas réellement qualifier le crank de mouvement de fond dans le sens où il ne revendique aucune valeur, si ce n’est se faire plaisir en dansant tout en ayant la classe bien sûr (cf. les déjà cultes lunettes de Soulja Boy ou les sneakers.).

Soulja boy est une émulation internet de 50 cent, avec un son efficace et dansant qui touche un maximum de monde. Le jeune rappeur revendique d’ailleurs ouvertement son modèle, d’abord sur le plan musical puis évidemment sur le plan business. Comme son ainé, Soulja aimerait bien avoir aussi son film, ses jeux vidéo et sa maison de disque.

Warning : Le Crank n’est pas le Krump
Une confusion est possible entre le crank et le Krump (Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise), sujet du film Rize de David Lachapelle (2004). Le krump est une danse agressive et visuellement beaucoup plus impressionnante. Alternatif au hip-hop traditionnel, il emprunte aux danses tribales africaines et se caractérise par des mouvements hyper rapides et techniquement très difficiles.

Loin des business plans, le krump fut une réponse aux émeutes raciales de 92 à Los Angeles, une danse spirituelle, un mode d’expression non violent pour les jeunes défavorisés.

Chorégraphie de groupe
Vous l’avez compris l’importante question de fond est : Le crank va-t-il connaître le même succès que la tecktonik?
Si oui, il est peut être encore temps de faire quelque chose… 🙂

Concluons cet article sur cette fameuse vidéo de prisonniers philippins devenus mondialement connus en reprenant la chorégraphie de Thriller de M. Jackson. Les voici toujours dans la cour de promenade, mais cette fois ils dansent le crank !