His master voiceCertains d’entre vous n’ont surement jamais remarqué ce petit chien qui parle à un gramophone. C’est pourtant le logo d’une des plus grandes maisons de disque au monde aujourd’hui sur le déclin. Signature emblématique de la pop rock britannique, l’empire sombre dans une crise dont il se ne relèvera peut-être pas.

Pink Floyd, Radiohead, Blur, Queen, les Rolling Stones, les Beatles, les Sex Pistols et bien d’autres encore, autant de noms qui devraient assurer le succès de cette maison de disque vieille de 113 ans.
L’histoire débute en 1897 au Royaume Uni avec la création de la Gramophone Company, société exploitant… le gramophone mais aussi les disques. Rapidement, elle acquiert un tableau devenu célèbre « His Master’s Voice » et qui deviendra son logo. Avec le succès de la musique enregistrée, l’entreprise se diversifie, notamment avec les machines à écrire, puis l’hôtellerie, la restauration, la radio, le bingo, la télévision, les radars, les scanners. En 1931, la fusion avec Columbia Gramophone donne vie à Electrical & Musical Industries, EMI.

Hip-hop et country, des genres négligés

Les années 80 sont marquées par le rachat de la compagnie par Thorn, une société d’ingénierie ( !), qui poussera au rachat des catalogues SBK, Chrysalis puis à la fusion avec Virgin Music en 92. Les années 90 sont florissantes, Blur, Radiohead et les Spice Girls n’y sont pas pour rien. Mais en coulisses, les tensions entre cadres de Virgin et ceux d’EMI commencent à croitre. Par ailleurs, le marché américain est sous-développé malgré la présence au catalogue de Franck Sinatra et des Beach Boys : Céline Dion, Madonna, Bruce Springsteen ont décliné les offres, le hip-hop et la country seront des secteurs délaissés.
Les années 2000 voient la chute du disque et le piratage arriver, les difficultés grandissent. Le fonds d’investissement Terra Firma acquiert EMI pour 2,4 milliards de livres en 2007 et compte, avec des mesures radicales de réduction des coûts redresser la barre. Le monde de la musique accepte mal et le divorce avec les artistes est entamé. Radiohead, qui n’a pas obtenu le budget espéré pour son nouvel album, s’en va et décidera de lancer son album sur le net. Robbie Williams et Coldplay crient publiquement leur désamour, les Rolling Stones signent chez Universal… Rien ne va plus chez EMI.

Beatles Abbey RoadPour redresser la barre, des coupes franches sont effectuées dans les effectifs, 2500 salariés et 80% des dirigeants sont priés de faire leurs valises. Le management sera assuré par un homme de la grande distribution, vendeur de lessive, de déodorant ou de produits WC. La révolution culturelle est forte mais le but est désormais d’éponger les dettes, de payer les créanciers.

L’enjeu ? Eviter à tout prix la vente du studio d’Abbey Road à Londres, là où les Beatles ont enregistré tous leurs albums, là où ils traversèrent la rue pour l’Eternité. Rien que ça…

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  1. Qui ne rêverait pas d’enregistrer ou de visiter tout simplement ce Lieu Mythique?

    Merci Anthony pour cette Chronique.

  2. Aux dernières nouvelles EMI voudrait réhabiliter les studios Abbey Road et serait à la recherche de capitaux pour l’opération.
    Car outre une bonne partie des albums des Beatles, ces studios ont également accouché du Dark Side Of the Moon de Pink Floyd ou d’une partie d’OK Computer de Radiohead, pour ne citer qu’eux.
    Un monument de la musique contemporaine à conserver à tout prix…

  3. [...] librement dans la nature l’année dernière suite à un désaccord sur sa distribution avec E.M.I. devrait finalement paraître physiquement cet été. Parenthèse fermée, ici le parti pris est [...]

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Culture