« Combats de coqs », « gladiateurs des temps modernes», « ultra violence », « cage ». Le MMA traîne encore ses clichés comme un lourd fardeau. Alors qu’il est en train de s’imposer comme LE sport de combat moderne aux USA, en Asie et même en Europe, celui qu’on appelait « free fight » est en train de se refaire une virginité sportive auprès du grand public. Ce n’est malheureusement pas encore le cas auprès des fédérations sportives mais il y parviendra, c’est sûr. Mais d’où vient la mauvaise réputation du MMA? Pourquoi va-t-il devenir « le noble art » du 21è siècle?
Mais commençons par cette introduction, devenue mythique, faite par Bruce Buffer, le célèbre speaker de l’UFC. « Iiiit’s tiiime !! »

L’octogone comme symbôle

OctogoneLe MMA c’est le Multi Martial Art (arts martiaux multiples). Autrefois connu sous le nom de free-fight (combat libre), il rassemblait les combattants de différentes disciplines qui souhaitaient s’affronter (boxe, karaté, judo, tennis…).
C’est au début des années 90, au Brésil, que les premiers combats apparaissent. Peu réglementés et sans limite de poids, la discipline va très rapidement être perçue comme ultra-violente à cause de brutaux KO. Les combats ont lieu dans une cage grillagée, pour éviter que les hommes ne traversent les cordes et ne se blessent. Cette cage va rapidement devenir un symbole négatif  à cause de l’image « combat de chiens clandestin ». Pourtant, elle protège les combattants lors des projections.
Aujourd’hui la cage est devenue octogone (pour casser les angles droits) et s’installe dans des salles de sport et de spectacle. Elle incarne le MMA.

Tous les coups ne sont pas permis

A l’origine, les combats étaient violents, peu techniques et souvent déséquilibrés. Les boxeurs affrontaient des sumos, les karatékas frappaient des lutteurs… Il ne ressortait finalement rien de ces « bagarres » sinon une mauvaise image ultra-violente de street-fighting due à un manque de réglementation et de préparation. Une image qui perdure et dont le MMA a encore aujourd’hui, du mal à se défaire.

Cette mauvaise image vient également des coups au sol qui sont autorisés. Spectaculaires, ils sont pourtant moins violents que les coups lancés, puisque la distance de frappe est très largement réduite et que le poids du corps ne joue pas.
Les coups bas, les coups de tête, les coups de pied au sol, les coups de genou au visage sont interdits. Au final, les combattants sont très « protégés » (ils doivent respecter un délai assez long entre chaque combat) et les blessures ne sont généralement pas traumatisantes.

L’UFC, la vitrine du MMA

ufcL’UFC (Ultimate Fighting Championship) est l’organisation qui régit le MMA. Au plus bas lors des années noires, elle va petit à petit sortir le combat libre de l’ornière. En multipliant les contrôles anti-dopage et en réglementant la discipline, les bagarreurs vont laisser la place à des véritables sportifs.
En 2007, l’UFC a racheté le Pride, une organisation jumelle japonaise dont les règles différaient un peu (ring, durée des rounds…). Celle-ci jouissait d’un énorme succès au Pays du soleil levant, où les sports de combat, les arts martiaux font partie de la culture. Ce qui explique également que le K1 (kickboxing) fut et est toujours là-bas extrêmement populaire depuis la fin des années 90.
L’UFC représente aujourd’hui le MMA en organisant de grandes rencontres à travers le monde (Londres, Brésil, Japon et bien sûr Las Vegas). Les catégories de poids sont très réglementées (des poids coqs de 60kg  jusqu’aux poids lourds de 100-120kg) et les combattants de véritables sportifs.

Technicité

GuillotineLa maitrise de plusieurs disciplines martiales à haut niveau est absolument indispensable. Il est impossible de n’être qu’un lutteur ou qu’un boxeur pour pouvoir évoluer. La maîtrise du combat au sol va de pair avec celle du « striking » (combat debout). Ainsi les ceintures noires de jujitsu brésilien, de judo, de karaté, les kick-boxers ou les champions de boxe doivent se perfectionner dans une discipline complémentaire pour être au plus haut niveau.
Celui-ci est d’ailleurs tellement élevé que l’on retrouve de nombreux médaillés olympiques à l’UFC, qui ont brillé soit en lutte, en judo ou même en boxe. Beaucoup de nord-américains ont également été champions universitaires de lutte avant leur arrivée dans l’octogone.
La complémentarité des arts martiaux est le moyen de pouvoir gagner ses combats soit par KO soit par soumission: une technique qui consiste à faire abandonner son adversaire, après une clé de bras, de genou ou un étranglement.

La réalité de l’octogone: le respect

Les combats de MMA sont extrêmement intenses. Les 3 rounds de 5 minutes sans phase d’observation sont explosifs. Les combattants ressortent généralement épuisés malgré des préparations de plusieurs mois.
C’est donc une discipline difficile, souvent ingrate qui « oblige » les athlètes à respecter leurs adversaires. Ainsi, il est très rare de voir des mauvais coups. A l’inverse, avant et à la fin du combat, ayant tout donné, les deux combattants se félicitent et terminent toujours par une accolade.
Le dirty talk n’est pas absent entre certaines stars mais il relève plus du folklore, du spectacle. En MMA, la réalité de l’octogone est impitoyable.

La suite demain… Le MMA fait sa mue (2/2)

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  1. Hello,

    J’ai pratiqué pendant pas mal d’années le Ju-Jitsu avec mon frère qui a dû regarder des centaines de vidéos sur les combats libres et autres ultimate fighting. Et personnellement, je ne suis pas fan de ce genre de spectacle.
    J’ai l’impression que l’esprit des arts martiaux traditionnels a été d’une certaine manière perverti et en quelque sorte désacralisé (le mot est peut-être un peu fort mais je le pense).

    Deux acteurs incontournables me viennent à l’esprit, le français Jérome Le Banner et le brésilien Royce Gracie (de la famille Gracie). Deux comabattants aux styles très différents mais intéressants.

    Bien sûr, il ne faut pas confondre sports de combats (boxe, kick-boxing, full contact) et arts martiaux (judo, ju-jitsu, karaté…).

    La plupart des combats sont, comme tu le soulignes, marqués par les prises et techniques au sol. Le ju-jitsu brésilien se caractérise par un nombre important de techniques au sol par rapport au ju-jitsu traditionnel. Et régulièrement, les personnes pratiquant cet art martial remportent des victoires.

    Je vois surtout dans le MMA, un exhibition populaire, une sorte de programme divertissant, rien de plus.

    Quant à devenir le noble art du 21ème siècle, j’emets de nombreuses réserves.

    Hajime!

  2. Salut,
    J’ai volontairement mis de côté le combat libre qui ne me plaît pas trop, à cause de son côté un peu plus « sale », plus « clandestin ».
    Je n’ai pas fait de différence également entre sports de combat et arts martiaux. L’Ultimate fighting est pour moi, un sport spectacle qui ne véhicule pas de philosophie mais plutôt un état d’esprit, un courage. Ce qui fait, au final, que nous sommes probablement d’accord.

    Si le statut du MMA change en France, le regard qu’on lui portera changera également.

  3. […] état d’esprit et de la technique, vous aurez largement de quoi vous faire plaisir!Lire aussi Le MMA fait sa mue (1/2) > Lien permanent vers cet articlePartager FB.init("b1c22b47f2afc6456e14d8a0a5dfc7ae"); Articles […]

  4. MMA = Mixed Martial Arts
    Il y a aussi en France des competitions aux regles encore plus strictes que celle de la cage, je vous invite a voir le site de 100% fight a ce sujet

  5. No soucy Anthony.

    J’avais cru lire la différence en plus. C’était juste un rappel 🙂

    Au final, nous sommes effectivement d’accord.

    @ bientôt

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Société

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