Chrys Columbine 2On en parlait il y a quelques mois, les pin-up sont de retour. Le phénomène prend de l’ampleur notamment depuis que Dita von Teese est la nouvelle showgirl du Crazy Horse et qu’elle s’affiche en tant que nouvelle icône. Toute la presse, aussi bien généraliste que féminine ne tarie pas d’éloges sur cette féminité retrouvée et ce glamour, héritage direct des années 50. Dans l’ombre du « mouvement strip » et pin-up, le new burlesque se développe à grande vitesse. Basé sur les codes parisiens artistiques et vestimentaires d’après-guerre, ce spectacle coloré, humoristique et érotique prend son essor aux US et plus encore au Royaume Uni.

Tout d’abord, il faut comprendre le burlesque au sens américain du terme, c’est-à-dire comme un genre populaire de divertissement et non au sens français, comme un style humoristique un peu grotesque. Le new burlesque est donc le revival des spectacles de cabarets du 19ème siècle, issus de l’univers parisien (les célèbres Chat noir et Folies Bergères) et qui se sont exportés aux Etats-Unis sous l’appellation de burlesque. Le prisme américain en a fait des spectacles itinérants où girls shows et exposition de freaks humains se mélangeaient dans une ambiance de foire. Au milieu du 20ème siècle, l’apogée des pin-up relance l’intérêt pour ces filles dénudées, jusqu’aux années 70, période où l’érotisme se démocratisant, les rend un peu désuètes. Aujourd’hui, le burlesque revient sous une nouvelle forme, modernisé et repimenté, grâce à des femmes comme Dita von Teese, Dirty Martini ou bien Katharina Bosse, une photographe finlandaise qui l’a porté au grand jour en 2003.

Une fête, une comédie

Leyla RoseLes spectacles new burlesque sont composés de saynètes de personnages et de numéros de strip-tease plus ou moins déshabillés, souvent accessoirisés et dansés. L’esthétique reprend celle de l’univers des cabarets parisiens aussi bien sur scène que dans la salle. Les spectateurs arborent des tenues très mondaines, les boas, les froufrous et grands chapeaux s’exhibant avec ostentation. Pour les hommes, le style dandy avec costume trois pièces et chapeau haut de forme se porte aisément et sans complexe. Le new burlesque est une fête, une comédie vaudevillesque, une sortie un peu folle et décalée qui permet de s’extirper un temps de la morosité actuelle et des soucis quotidiens. Et c’est là, son essence, sa raison d’être.

Sur scène se succèdent les personnages les plus improbables, toujours haut en couleur. Chaque performeuse se construit un personnage avec une identité forte, des accessoires emblématiques et ses répliques. On trouve ici une infirmière ensanglantée, là un Charlie Chaplin en string, une femme zombie ou un présentateur de cirque. Le cabaret, les années 50, le vaudeville sont des sources inépuisables pour le new burlesque. Ces filles sont mystiques et insaisissables.

Chrys Columbine, la superbe blonde trashy, Leyla Rose la pin-up frangée ou Marianne Cheesecake, Cherri Shakewell empruntent aussi bien les codes du cabaret traditionnel, celui de Betty Page, que ceux du fétichisme, de l’érotisme, et bien sûr celui du monde des pinups. Tous ces personnages auraient largement leur place dans l’univers de Tim Burton.

Chrys ColumbinePourtant, au milieu de cette agitation, rien n’est laissé au hasard. Les chorégraphies minutieusement exécutées rappellent que ces filles-là sont des professionnelles, souvent des danseuses de formation classique un peu plus exhibitionnistes que les autres. Car même si le sexe n’est pas une finalité dans le show, ces danseuses n’hésitent pas à se dévêtir, exhibant des rondeurs, des formes féminines et surtout leurs « pasties », ces petits morceaux de tissus collés sur la poitrine pour cacher les tétons. Dans le nouveau burlesque, on est loin des silhouettes filiformes et androgynes des magazines de mode, sans pour autant revendiquer un mode d’expression féministe. Le corps peut être tatoué, rond ou grand, il est à l’honneur et chacun est en droit de l’utiliser comme il le souhaite.

Le new burlesque a un grand avenir devant lui. En plein essor à New-York puis à Londres, il est un véritable exutoire basé sur l’humour mais également sur la satire sociale. Les temps difficiles offrent une grande variété de thèmes, de l’absurdité à la cupidité, la société qui nous entoure est une source inépuisable. Le moment est propice au rire, au sexe et à la comédie, l’univers exubérant, sans tabou et un peu décadent du new burlesque laisse à chacun un espace de détente et de glamour qui fait simplement du bien.

Voir aussi : les suicide girls, les pin-up trash

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  1. Ah, des femmes pleines de glamour et avec des formes (surtout) !
    Un retour à la chair et dehors le filiforme anorexique de ces dernières années !
    Une question messieurs, qui a pu rêver un seul instant à ces Kate Moss et autres osseusses sans relief ?
    Vive la pin-up des années 50 !
    En tout cas, j’espère que le New Burlesque nous ramènera aussi ce standard féminin !

  2. Moi ça me ramèene à mon enfance et à toutes ces femmes qui faisaient partie de mon quotidien ou que je voyais dans les filsm qui ont façonné l’image que j’ai de LA femme

  3. Belles et décomplexées, ca fait rêver, c’est vrai…
    On attend l’arrivée en France, toujours un peu plus longue sur ces tendances-là…

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