Mannequin

Il n’y a plus de films instantanés Polaroid. Les stocks se sont épuisés depuis la fin de l’arrêt progressif de la production, en février 2008. A l’heure du tout numérique, le fabricant américain avait décidé d’abandonner le mythique appareil photo et la fabrication de pellicules. Petite présentation du plaisir instantané, de la photo qu’on secoue, mangé par le numérique mais qui pourrait renaître grâce à l’Impossible, pari fou d’un Autrichien passionné, qui veut relancer la production.

Histoire du Polaroid

CouleurDans les années 20-30, Edwin Land crée la compagnie Polaroid qui produit des filtres polarisants pour de nombreuses applications comme l’optique (lunettes), l’automobile (phares), l’armée (balles traçantes) et la photographie. C’est après la Seconde Guerre Mondiale et le soutien financier de l’US Army en 1947-48, que Polaroid va annoncer la première impression instantanée, en 60 secondes. Le premier appareil photo instantané est vendu 90$ et devient rapidement un grand succès commercial. La technologie progresse, Polaroid étend son champ d’applications (rayons X, UV) et diminue la taille de ses « Pola ». L’apogée de la marque est entre 1975 et 1977, lorsque le format se réduit, que la couleur apparaît et que plus d’un milliard d’instantanés sont réalisés dans l’année. L’inventeur, le Dr Land, est introduit au National Inventors Hall of Fame. Les années 80 et 90 verront la production de masse des appareils photos, la démocratisation de la couleur mais sans autre grande révolution. A la fin des années 90, l’explosion du numérique et les mauvais choix stratégiques mettront fin à la belle Histoire. Suite à la mise en faillite en 2001, Thomas J. Petters, spécialisé dans le rachat d’entreprises en difficulté, reprend la licence Polaroid pour en exploiter le nom, puis les actifs en 2005. Il souhaite les réutiliser et les exploiter pour des écrans LCD, des cadres photos numériques et même du papier sans encre, de l’impression instantanée sur téléphone mobile. La société est aujourd’hui à vendre, depuis que Petters, a été incarcéré pour une fraude de 3,5 milliards de dollars.

PortraitSi l’appareil photo n’est plus produit, il en reste de grandes quantités dans le monde, toujours en état de marche. Souvent, leurs propriétaires sont passés au numérique, bien plus économique en frais de pellicule. En février 2008, la production des pellicules a cessé. Fruit d’un procédé de fabrication complexe et onéreux, des stocks ont été faits pour tenir jusqu’à mi 2009. L’histoire aurait pu s’arrêter là si un passionné n’avait pas créé l’Impossible. Pris sur le vif Il faut comprendre que le Polaroid a toujours été un objet à part, avec un je-ne-sais-quoi de culte, qui a toujours attiré les artistes, les publicitaires, les graphistes, les amoureux de la mode. La magie de l’instantané inspire, laisse une grande place à l’imagination, rend le cliché est unique, une œuvre d’art dont les reflets, les flous et le mauvais cadrage racontent une histoire. Aujourd’hui, de nombreux sites Internet sont dédiés aux clichés Polaroid, des livres sont édités. L’émission En Aparte de Pascal Clark sur Canal+ consacrait un moment particulier à l’invité qui devait se prendre en photo là où il le souhaitait. L’émission se terminait toujours sur ce rectangle bordé de blanc, qui s’était fait tant désirer, tant secouer.

Impossible Hollandais

EcossaisC’est grâce à un passionné du Pola que l’on devra bientôt peut-être le retour des pellicules Polaroid. En 2007, lorsque l’usine d’Entschede, aux Pays-Bas, s’arrête, l’ordre est donné de démanteler tout l’outillage de production. Lentement, les ouvriers vont s’atteler à détruire, revendre les machines, les cuves qu’ils avaient conçues. Florian Kaps, passionné de photographie et responsable Internet de Lomographic Society, décide de réagir et se lance dans un projet fou. Après s’être rendu sur place, il convainc un à un, une douzaine d’ingénieurs de racheter les machines et de redémarrer l’usine. L’enthousiasme de Kaps permet de réunir 1,2 millions d’euros et d’arrêter le massacre. Il lance la start-up Impossible avec dix ingénieurs, moyenne d’âge 55 ans, qui doit dans un premier temps, récupérer les machines vendues puis trouver des solutions pour réactualiser une production vieille de 35 ans. L’objectif est de produire 3 millions de cartouche de pellicule par an. La production de masse n’est plus d’actualité (Polaroid produisait 120 millions de cartouches à la belle époque) et la revente se fera via Internet, musées, galeries.

Grâce à quelques passionnés, le Polaroid pourra revivre et nous pouvons tous nous en réjouir. Le numérique n’est pas une fin en soi et manque de charme selon moi. Son avènement a signé la mort des albums photos, du plaisir de l’instantané. Ne regrettez-vous pas vos appareils photos, vos pellicules, vos vieux jetables Kodak, votre Polaroid ?

Join the conversation! 6 Comments

  1. Mon Polaroïd me manque énormément, mais se procurer des recharges est désormais une vraie galère, même à Paris !

  2. Pour ma part j’ai retrouvé ce week-end le plaisir du polaroïd en offrant à mes grands-parents un cadre numérique.
    En insérant la carte de l’appareil photo numérique de ma grand-mère nous avons en quelques secondes pu visualiser les dernières photos prises mais aussi toutes celles prises depuis au moins 2 ans.

    Mais c’est vrai que le polaroïd était une invention formidable. J’en ai 1 dans mes album photo prise par un photographe: première photo de couple avec mon futur mari lors d’une escapade à Paris pour notre première Saint-Valentin en 98.
    J’ai quelques mini-polaroïd datant de 2000 ma mère avait craqué pour l’appareil visiblement dernier sursaut de la boite et nous l’avait prété pour avoir quelques photos de son premier petit-fils.

  3. euh les copains! il y en a autant qu’on veut à la fnac (j’y suis encore allé le mois dernier). Ou alors il y a Ebay…

  4. Vous n’avez pas vu ? Polaroïd sort sa version numérique avec une mini imprimante intégrée… comme ça, on peut retrouver le plaisir du tirage instantané !!!

  5. moi je me dis c’est bien dommage mais bon on se rattrape avec les Diana! ;)

  6. Depuis que je n’ai plus d’appareil à pellicule, je n’ai plus d’album photo.
    Et je ne regarde jamais mes photos sur mon pc. Vive les jetables.

    @Marie-laure – C’est quoi un Diana?

Comments are closed.

Category

Lifestyle