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31 juillet 2007

# Le Prestige

Au 19ème siècle, à une époque où le cinéma n’existait pas encore, où les musiciens ne remplissaient pas les stades, les magiciens étaient adulés. Rivalisant d’inventivité pour remplir les théâtres, les magiciens se livraient une véritable compétition et les meilleurs tours se monnayaient une fortune. C’est à cette époque et dans ce milieu méconnu que nous transporte Christopher Nolan dans The Prestige. Malgré une sortie en salles inaperçue, le film est un petit bijou, qui s’articule comme les trois actes d’un tour de magie.

La promesse

christian bale hugh jackmanC’est l’annonce d’un grand film avec un réalisateur surdoué qui joue avec les codes temporels et qui adore mener son spectateur en bateau. Comme dans Mémento son deuxième long métrage, qui avait fait parler de lui pour la qualité de son scénario mais également parce que l’on suivait les évènements de façon anti-chronologique. Il est également le réalisateur de la nouvelle et très noire trilogie des Batman (Batman Begins, et le prochain The Dark knight ).

C’est aussi un casting grandiose avec Christian Bale (que l’on a vu en Patrick Bateman dans American Psycho ou dans l’excellent the Machinist, et encore dans le rôle de l’homme chauve-souris toujours avec Nolan), Hugh Jackman (Wolverine des X-Mens), Scarlett Johansson, le génial Michael Caine ainsi que David Bowie.

Le tour

scarlett johansson prestigeLe Prestige, tiré du roman éponyme de Christopher Priest, oppose deux amis magiciens surdoués. Borden (Christian Bale) a la magie dans le sang mais une condition modeste. Angier (Hugh Jackman) est un aristocrate au sens du spectacle et de la mise en scène.

Un évènement tragique transformera leur relation en une rivalité puis en une quête de gloire et de vengeance destructrice. Tour à tour spectateurs, acteurs et arbitres de cette lutte, Olivia (Scarlett Johansson) l’assistante et Cutter (Michale Caine) l’ingénieur viennent donner un nouvel éclairage à l’intrigue.
Deux heures de film, un suspens et une intensité dramatique croissants tout au long du film. Une narration qui joue avec les repères temporels pour duper les personnages mais aussi le spectateur. Un scénario dont la qualité d’écriture place selon moi le film aux côtés de Mémento, Usual Suspects ou Fight Club.

Le Prestige

Disons le d’emblée, le coup de théâtre final apportera au spectateur ce qu’il aime dans la magie et dans le cinéma (ou dans la magie du cinéma): être dupé. Le genre de révélation qui fait défiler le film dans votre tête et réaliser que du début à la fin on vous menait par le bout du nez. Le film, qui vous tenait en haleine, se révèle alors d’une dimension supérieure. Applaudissements.

Regardez attentivement.

La force du Prestige est d’être réalisé comme un tour de magie. Tout est là, il y a bien un « truc », mais Nolan détourne votre attention et vous amène où il veut.

En dehors du casting, de la réalisation parfaite, de la tension croissante, des rebondissements, Le Prestige a encore des cartes dans sa manche. Photographie sublime, décors victoriens somptueux,  personnages denses et cyniques et une ambiance qui mêle onirisme (les scènes dans Colorado Springs sont un véritable aparté fantastique) et gothisme…C’est aussi un film sur l’obsession et le sacrifice, le symptôme et la condition d’une réussite à tout prix.

Comme vous l’avez compris, j’ai énormément apprécié ce film, il fait partie de ceux qui laissent une trace et qui appellent à de nouveaux visionnages pour les voir sous un autre angle.

Le film est disponible en DVD depuis novembre 2006.

*photos:dvdrama.com

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