Hier, j’ai abordé succintement les barrières au succès des séries françaises. Regardons un peu comment créer le mix personnage idéal. Encore une fois, ll s’agit de pistes de réflexion et non d’une analyse complète. On pourrait écrire un bouquin sur le sujet.

En fonction du type de série (soap, drama, sitcom…), on trouve différents schémas. Mais il s’agit en général de variations sur le même principe : créer des relations intra-personnelles entre les héros et générer un phénomènre d’identification.
Partons sur l’exemple d’une série policière type CSI, NCIS ou même Las Vegas. on trouvera à minima :

- Le chef d’équipe charismatique, mystérieux et pince sans rire. Il ne badine pas avec le règlement sauf pour protéger son équipe. Derrière la carapace du dur à cuire expérimenté, il y a un homme qui cache des blessures qui seront révélées par la suite. C’est l’image du père.
- Le beau gosse. Bras droit du leader, ultra professionnel. Il ne perd pas une occasion de tester son pouvoir de séduction…et de blaguer. Ce personnage au tempérament de feu se heurte souvent à son chef dans un rapport père / fils à peine dissimulé. Son évolution s’apparente à un rite initiatique.
- La jolie fille. Elle a débarqué dans la police généralement en suivant le modèle paternel. Son combat de tous les jours : prouver qu’elle réussit grâce à sa compétence et non grâce à son charme. Elle joue un jeu de séduction à la Mulder et Scully avec le beau gosse : c’est en fait une relation duale soeur / maîtresse. Le chef joue bien sûr le rôle de pivot.
- Le black ou l’hispanique (le rebeu en France). Malheureusement, la présence d’un black ou d’un rebeu tient plus souvent d’un souci de respect des « quotas » que d’une envie de montrer la diversité. Le black devra malheureusement comme la jolie fille prouver sa compétence. Dans les séries US, le black ou l’hispanique se bat aussi pour montrer à sa communauté qu’il ne trahit personne en rentrant dans la police…En France, grossièrement, pour le rendre sympathique on lui attribue le rôle de comique de service.

Pour compléter ce panel, on peut ajouter d’autres personnages qui auront d’autres fonctions : le confident, le concurrent, le souffre douleur…

Plus le panel est large, plus l’identification sera facilitée pour le téléspectateur. Néanmoins, il faudra trouver un moyen de faire évoluer les personnages au cours de la série, s’attarder sur leur histoire pour ne pas créer de frustration.

Les séries françaises commencent à exploiter ce modèle, mais pendant longtemps il n’y avait qu’un personnage central : Navarro, Julie Lescaut, Commissaire Moulin…
La difficulté pour les français de s’attaquer aux séries policières est qu’en France, le flic ne fait pas rêver. Encore une fois, c’est une question culturelle. Les américains ont été élevés avec le modèle du shérif, puis celui du policier justicier : Charles Bronson, Clint Eastwood et cie ont suscité des vocations.
Les personnages français devront donc rendre compte de cette situation : ils seront désabusés, blasés mais aussi fiers de leur mission vis-à-vis de leurs concitoyens (plus que de la société d’ailleurs).

En France comme aux US, un bon personnage est un personnage Humain : ces derniers ne doivent pas être caricaturaux, mais avoir des forces et des faiblesses. Un moyen de rendre humains ces personnages est de les montrer dans leur cadre professionnel et dans le cadre privé. Dans le premier ils adoptent généralement une attitude modèle, mais se montrent faillibles dans leur vie personnelle : problèmes familiaux, dépendance à l’alcool, solitude, passé trouble…

Et vous, quelles sont les grandes caractéristiques que vous retrouvez dans les séries, tous genres confondus?

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