Mabulle et malabar Nous avons déjà évoqué ici les changements de logo de Gap et Starburcks Coffee qui n’avaient pas été du goût des internautes. Depuis quelques semaines, c’est M. Malabar qui est passé à la trappe au profit d’un chat au look de VRP. Malgré les « scandales » sur Facebook et les pétitions sur les forums, il semble que Cadburry soit bien décidé à ne pas écouter les nostalgiques du chewing gum bi-goût et qu’il s ne feront pas machine arrière comme Gap avaient pu le faire.

Les consommateurs ont le pouvoir. L’histoire d’une société ne peut pas être bradée sur l’autel du marketing. C’est en tout cas les leçons qui avaient pu être tirées des changements de logo chez Gap. Starbucks va s’y bientôt s’y risquer, on verra prochainement le résultat.
Malabar et Nesquik n’ont pas eu les mêmes états d’âme.

Le précédent GROQUICK

GroquickEn 1978, Groquik devient la mascotte du Nesquik, le chocolat en poudre de Nestlé. C’est un étrange animal qui porte un chapeau et qui se lèche les babines en permanence et qui a la particularité d’être énorme, obèse. En 1990, celui-ci « décide » de prendre des vacances dont il ne reviendra jamais. C’est son cousin(?), le lapin Quickie bien plus svelte qui saisit sa chance et sa place. Malgré les réclamations (souvenez-vous de « Bigquick » de Pleymo), rien ne changera.
C’est pourquoi, il est fort probable que M. Malabar, le compagnon des cours de récréation, ait également pris sa retraite définitivement. Malgré la nostalgie des vignettes et des décalcomanies, ses fans ne parviendront pas à le réanimer. C’est donc le chat Mabulle, également son cousin, aux allures de commercial itinérant surmotivé (cravate et lunettes jaunes) qui va prendre le relais.

Cadbury a déjà prévenu qu’il ne reviendrait pas en arrière car M. Malabar ne plaisait plus aux enfants. La différence majeure avec Gap, c’est que le public de malabar ne s’exprime pas autrement que par l’acte d’achat. Ce qui plait aux enfants n’est pas la symbolique ni l’Histoire de la mascotte mais simplement son côté ludique, enfantin et son pouvoir d’attraction.
A l’heure où les héros sont des tortues (Franklin), des éponges ou des Pokemon, les figurines humaines ne font plus le poids (Dora fait de la résistance). Il était normal que le blondinet cède sa place.

Une tournure politique

Malabar bigoutCe qui est surprenant, c’est que la disparition de Malabar ne touche pas qu’une frange d’adulescents nostalgiques. Ce sont certes les plus bruyants mais il existe des sous-groupes tout aussi vindicatifs et qui donne une tournure politique et historique à ce changement.
Ainsi sur les forums, on regrette la disparition de ce grand mâle, blanc et blond, plus vraiment dans l’ère du temps, remplacé par un chat de gouttière noir.
Il n’en fallait pas plus à certains pour y voir la décadence de la France (marque française rachetée par l’anglais Cadbury), le renoncement aux symboles nationaux, l’avènement du politiquement correct, en bref le déclin de la France.
Quant aux linguistes, déjà chagrinés hier par la mort de Maître Capello, ils regrettent aujourd’hui que le sens du mot malabar (qui signifie costaud, musclé) soit désormais attaché à un chat nommé Mabulle. Tout fout le camp.

Enfin, on saura prochainement si Cadbury s’est trompé et si la fronde menée conjointement par les trentenaires mangeurs de Malabar appelant au boycott du bigoût, les linguistes et les réactionnaires aura des répercussions sur ses ventes de chewing-gum dans les cours d’école.

Join the conversation! 3 Comments

  1. Je suis moi aussi scandalisé qu’on puisse remplacer le beau malabar qui nous sauvait de toutes les situations délicates par un chat famélique. Pourtant, alors que j’en ai 2 sous la main, je n’ai pas pensé à demander leur opinion à mes enfants. Il faut dire qu’ils ne consomment que rarement cette marque, ils préfèrent les chewing-gum pour adulte parfum menthe forte.

  2. C’est dommage que les marques ne soient pas plus sensibles aux messages des consommateurs, puisque ce sont tout de même eux qui achètent les produits. Ils risquent de ne pas apprécier qu’on les néglige et finir par bouder la marque en question.
    Quelqu’un sait ou est ce qu’on pourrait trouver des chiffres témoignant des ventes (probablement en baisse) après ces changements de logos?

  3. @Joanna S.
    En fait dans le cas de Malabar, les consommateurs sont les enfants, qui apparemment aiment ce chat Mabulle et qui n’auraient pas d’affinité avec M.Malabar.
    Seuls les trentenaires connaissaient M. malabar et ceux-ci n’achètent plus de chewing-gum.

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Société

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