journal.jpgJ’ai une dent contre les Medias, contre ceux qui les dirigent, contre ceux qui les lisent, les regardent, les écoutent et contre ceux qui ne les comprennent pas. Il y a selon moi aujourd’hui, non pas une crise, mais un malaise du média. J’évoquerai ici seulement la presse (papier et électronique), la télévision étant pour moi (quasi) irrécupérable…
Bousculés par un objectif de rentabilité et par une concurrence accrue des blogs, les journaux sont en pleine crise d’identité au grand dam des lecteurs et finalement de la société.
La presse a selon moi perdu de vue sa vocation d’informer, d’exprimer des opinions et par conséquent, d’expliquer, d’éduquer, au pire de vulgariser.

Mission failed



Partant du principe que la rentabilité passe par l’audience, la presse en vient à mélanger les genres pour attirer plus de lecteurs. Une parution n’est aujourd’hui plus jugée sur la qualité (entendre ici véracité et valeur intrinsèque) de l’information qu’elle diffuse mais sur l‘affluence que cette même info sera susceptible de créer.

On n’hésitera donc pas aujourd’hui à diffuser, commenter, orienter, créer, sélectionner et déformer l’information du moment que le sensationnel, l’audience et le potentiel d’exploitation sont au rendez-vous. Quitte à vérifier les sources plus tard. Aussi bien dans le fond que dans la forme, les repères qui permettaient de catégoriser les différentes publications (les journaux d’investigation, d’opinion, les tabloïds et les magazines) ont tous volé en éclats.
Par exemple, il suffit de revenir sur les mots de Nicolas Sarkozy au Salon de l’Agriculture. Il est quand même choquant de voir que l’ensemble de la presse s’est jetée sur le sujet. Même si cela ne rentrait pas dans la ligne éditoriale il y avait cette peur viscérale que le lecteur se détourne de son quotidien ou son hebdomadaire préféré pour
la concurrence qui aurait traité le sujet. Du coup, les journaux légitiment comme ils peuvent : on propose des débats sur la fonction présidentielle, on commente l’impact potentiel de l’incident sur la cote de popularité…

Polémique = thune ?



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A l’heure où j’écris, Marion Cotillard commence à être l’objet d’une polémique qui, j’en suis sur, trouvera une large résonance malgré la banalité de ses propos.
Affirmant il y a un an dans une émission sur Paris Première :
« On peut voir sur Internet tous les films du 11 Septembre sur la théorie du complot. C’est passionnant, c’est addictif, même. […].En tout cas je crois pas tout ce qu’on me dit, ça, c’est sûr. »

La voilà désormais pour certains, révisionniste, anti-américaine ou tout simplement stupide. La vidéo surgit étrangement une semaine après son oscar à Hollywood. Cette révélation est-elle en soit une information et quelle est son utilité, son intérêt? Quelle est l’intention de ceux qui ressortent ces propos ?

La polémique est le nouveau tiroir-caisse des journaleux, leur permettant à tous d’écrire sur la nouvelle qui fait débat, sous couvert de liberté d’expression et de démocratie. Débattre, polémiquer, ça ne coûte pas cher, mais ça peut rapporter gros (cf. les émissions débats – libre antenne qui pullulent sur les ondes…).




Si l’on attend après l’esprit critique des lecteurs, pour pouvoir distinguer le vrai du faux et pour ne pas céder au racolage, je pense sincèrement que l’on s’oriente vers une presse poubelle comme le BILD allemand (un des quotidiens les plus lus d’Europe) où la pin-up seins nus fait la première page aux cotés d’un article de fond et des résultats du sport.articles connexes : Médias, pourquoi je ne vous aime plus, Technikart Vs province