Jeudi dans la newsletter d’Influencia, un nouvel article sur les tendances et notamment le nouveau profil consommateur dans le vent : le Métropolitain. Celui-ci met au placard la Ménagère de moins de 50 ans, ex-égérie des cibles marketing. On avait assisté il y a deux ans à une tentative de prise de pouvoir des « Séniors » et du « Célibataire » (avant-projet du concept  Métropolitain). Le Métropolitain s’imposera-t-il ?

Globalement, les propos rapportés par Influencia, ne sont pas révolutionnaires, le Métropolitain est cet adulescent-actif-stressé de 25/35 ans plein de contradictions dans son comportement et ses attentes : « …ils travaillent dur mais font la fête dès qu’ils le peuvent. Ils vivent en célibataires et l’assument… n’hésitent pas à se faire beaux et à courir les concept-stores… amateurs d’art désacralisé et de fast-food… stressés et pressés mais toujours prêts pour un yoga… sans cesse en mouvement mais bien chez eux… avides d’informations et gavés de sollicitations, tout à la fois fiers de leur ville et citoyens du monde. ».

Les marketeux et planeurs stratégiques (on m’a dit que planneur stratégique prenait deux « n », pourtant planification n’en prend qu’un…quelqu’un peut m’éclairer ?) font donc bien leur travail, puisque cela cadre parfaitement avec l’analyse sortie il y a quelques temps sur la définition d’un profil dit « hypertendu ».

Vous me permettrez de sourire à la lecture de ce genre de condensé de rapport. La cible favorite est forcément celle qui a le plus de pouvoir d’achat et qui est la plus nombreuse. Hors on sait très bien que les jeunes actifs font partie d’une génération restée tard dans l’enfance, et dont les achats sont orientés vers le confort personnel et les loisirs*. Pas étonnant que leur comportement soit paradoxal, eux qui regardent les DVD de Goldorak  le week-end et discourent de charte éthique la semaine.

Pas besoin d’étayer d’avantage, vous avez compris le sens de mon propos : une fois de plus, on vient de mettre un nom sur un concept connu et on le brandit comme nouveau modèle pour ceux qui ne seraient pas dans le moule.

Ce qui serait sympa, ce serait une petite analyse croisée avec la révolution des genres : ce serait quoi un métropolitain-übersexuel ? Un sénior métrosexuel ? Une ménagère de moins de 50 ans hétérock ? Ils achèteraient quoi, vivraient comment ?

Pour le printemps 2007, je lance le concept du « Prolétaire », un consommateur qui se fout des tendances, qui achète des marques distributeurs et pour se faire plaisir se paye des jantes pour sa 309. Un consommateur qui ne rapporte pas beaucoup aux marques, mais qui se pose moins de questions que moi quand il fait ses courses.

* peut aussi se lire : qui n’a pas appris à gérer un budget, vit au dessus de ses moyens en cramant son salaire dans des restos, des gadgets numériques, un canapé lounge, ou de la soupe artisanale vendue au rayon frais…

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