WARPAprès le désert de l’été, forcément, le rush de la rentrée… et là c’est le drame, je n’ai pas assez des 24 heures que contiennent mes journées pour écouter toutes les nouveautés. Je laisse donc aux autres le soin de décortiquer les très bons albums d’Interpol, Puggy, Grinderman, Blonde Redhead, Of Montreal, Troy Von Balthazar… pour vous présenter un label fascinant: Warp.

Warp, un label de légende

Déjà je dois dire qu’être contacté par un label de la trempe de Warp a beaucoup flatté mon ego, comme une reconnaissance du bon goût musical développé sur okcowboy… Passons sur ma naïve autosatisfaction ; pour planter  le décor, Warp a été fondé en 1989 par Steve Beckett et Rob Mitchell, heureux possesseurs d’un magasin de disques répondant au doux nom de FON : « Fuck Off Nazis », et basé dans un hangar désaffecté à Sheffield. C’est de là que part la légende, de ce magasin spécialisé dans la musique électronique acide et tranchante, des raves parties qui allaient avec et où trouvait refuge la jeunesse anglaise, désireuse de fuir le quotidien et l’austérité économique de l’époque.
Pionnier sur ce créneau à l’époque, Warp prend, comme la musique électronique,  rapidement son essor avec des pointures désormais reconnues par tous : Aphex Twin, Squarepusher puis Boards Of Canada. Depuis, le label n’a eu de cesse d’évoluer, notamment en ouvrant progressivement les portes à tous les genres musicaux mais reste une exception en ce sens où son image pointue, avant-gardiste mais aussi underground est restée intact.
Le prestige de Warp réside en cet aspect que l’intégrer est un privilège et une marque de qualité musicale indéniable. D’ailleurs, d’un point de vue extérieur on a quasi  le sentiment que les groupes suivent un rite initiatique pour intégrer cette paroisse musicale. Le catalogue Warp s’étoffe donc lentement, mais surement, sans fausse note et comme je le disais auparavant, la bonne parole est désormais prêchée sur tous les terrains : hip hop, rock , pop… Ainsi on peut aussi trouver chez Warp des groupes dont je vous ai déjà parlé, Grizzly Bear, Born Ruffians ou encore Jamie Lidell, Leila, Maxïmo Park, Flying Lotus.
Mais pour en revenir à mon point de départ, si il y a peut être une explication au fait que je n’arrive pas à écouter tous les arrivages du moment, c’est qu’actuellement les trois nouveaux grands crus Warpiens squattent constamment mes oreilles.

La claque !!!

!!!Le  premier est à mettre à l’actif des délirants new-yorkais de !!! (CHK CHK CHK) et s’intitule « Strange Weather Isn’t It? ». Plus homogène et pop que leur précédent: Myth Takes, qui partait dans tous les sens, cet album est une invitation à jouir de la vie. En canalisant leur énergie sans dénaturer leur propos, les américains relèguent à des années lumières les groupes pop/rock qui tentent de faire danser les foules. J’en veux pour preuve mon expérience personnelle et l’effet euphorisant qu’a pu provoquer la diffusion de l’album dans une soirée. De la pop dansante donc mais également  protéiforme, disco (« The Most Certain Sure »), électro démente sur « The Hammer », Funk sur « Wannagain Wannagain », basses percutantes sur « Jamie My Intentions Are Bass », ultra planant sur « Even Judas Gave Jesus A Kiss ».

PVT, l’Everest de l’électro

cover pvtLe second nous provient des australiens de PVT, anciennement Pivot pour les connaisseurs et constitue un mélange magmatique de trouvailles électroniques et de percussions incisives. Quelque part entre Animal Collective (« Window ») et un Thom Yorke sous endorphine (« Timeless ») ces gars là synthétisent sur cet immense « Church With No Magic » tout ce que l’on peut attendre de la musique électronique : indescriptiblement génial !

The Hundred In The Hands: beat, pop, punk

The Hundred In The HandsEnfin les petits derniers, The Hundred In The Hands, dont l’album éponyme sortira le 27 septembre prochain. Si vous voulez savoir à quoi ressemble la pop made by Warp, ce groupe est fait pour vous tant il devrait et doit faire l’unanimité. Car si l’on peut qualifier cet album de pop ou electropop, l’énergie qui s’en dégage est clairement punk. Des singles parus récemment seul l’hymne « Dressed In Dresden » est présent sur l’opus, mais on retrouve déclinée sur l’album la « recette » qui consiste à s’appuyer sur une base de beats (par-dessus laquelle la voix sensuelle d’Eleanore Everdell fait merveille), et à faire intervenir de manière tranchante des instruments plus classiques : basse sur Pigeons, riff de guitare de tout type (« Lovesick », « Gold Blood », « Last City ») ; le tout avec des breaks chirurgicaux. Le groupe s’autorise une pause bien venue en milieu de disque avec deux pistes complètement synthétiques pour un résultat tout aussi excellent : la planante « This Day Is Made » et la très new wave « Dead Ending ».

En résumé, pour les jouisseurs que vous êtes trois disques énormes et pour Warp, trois albums référence supplémentaires. Et pour ceux qui veulent connaître la suite sachez que le label ne compte pas s’arrêter en si bon chemin en accueillant Monsieur Brian Eno parmi les siens le 2 novembre prochain avec la sortie de Small Craft On A Milk Sea…

PVT: Window

!!!: AM/FM

The Hundred in The Hands: Pigeons

Join the conversation! 3 Comments

  1. excellent article, as usual…

  2. Oui, ces 3 garçons ont du talent.

    C’est un vrai plaisir de les lire.

  3. Merci à vous, lecteurs ! :)

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Culture

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