American Pie
11 juillet 2013

# Monstrueuse Université

La traduction des titres de films est un art délicat. De l’anglais vers le français (« The Hurt Locker » en « Démineurs »), ou de l’anglais vers l’anglais (« The Hangover » en « Very bad Trip »), les exemples de traductions insensées sont légion. Cette fois-ci, c’est Monstres Academy, le dernier Disney Pixar qui soulève une (petite) indignation, pour le coup originale.
Monsters-University

Mauvaise traduction ?

Mercredi 10 juillet sortait donc Monstres Academy, Le film d’animation de l’été 2013, promis d’ores et déjà à un carton au box-office.
Le film est le préquelle (la suite qui se situe avant) de Monstres et Cie et raconte la rencontre de Sully et Bob. Rien de surprenant jusque-là sauf lorsqu’on découvre que le titre original est « Monsters University ».

On savait que la traduction de titres de films ne répondait à aucune règle mais cette fois-ci, l’Agence de Communication de l’Enseignement Supérieur a déposé une pétition pour traduire le nom du film en « L’université des Monstres » et non « Monstres Academy ».
Cherchant plus à solliciter le débat et à interpeller, l’Agence souligne que l’Université n’est pas honteuse et que l’Academy est un anglicisme sans équivalent français.

police-academyPixar se défend de toute mauvaise volonté et de snobisme et souhaitait juste conserver la sonorité du deuxième épisode avec le premier (Compagnie / Academy).
La conservation du mot Academy en anglais est sans importance si ce n’est qu’elle s’inscrit dans une lignée de films de genre, comme Police Academy, Rock Academy (School of Rock en VO), Surf Academy (Surf School en VO), Star Academy (L’école des Champions en VF)…

En fait, l’Agence de Comm de l’Enseignement Supérieur (qui s’appelle ironiquement Campus Communication) n’a pas tort de râler. Quand une école est sympa, fun et amusante, c’est une académie. Quand c’est mortellement ennuyant et pénible, c’est une université.

Campus VS. Fac

american_campusMais c’est une réalité, l’Université est une plaie dont personne en France n’est fier contrairement aux Etats-Unis. Cinématographiquement parlant, cela se traduit par le nombre de films qui traitent de cette période. On les compte sur les doigts d’une main : 4 garçons pleins d’avenir, L’auberge espagnole, Les Diplômés du dernier rang, L’Etudiante… Whaou.

Outre Atlantique, depuis Grease à 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités, en passant par La revanche d’une blonde jusqu’à Scream ou American Pie, le cinéma américain regorge de Campus movies : des comédies, des histoires d’horreur ou d’amour, comme un passage obligé pour toute une génération.

En soulevant volontairement un problème linguistique, Campus Communication aurait également dû se demander pourquoi et comment la France, pays de cinéma, occulte depuis toujours une des meilleures et pires périodes de la vie d’un jeune, pourquoi « L’auberge espagnole » est la seule référence acceptable de la vie estudiantine, pourquoi  la vie de campus n’existe pas dans les facultés françaises, pourquoi personne ne veut y aller et encore moins en parler.

Les mecs du marketing chez Pixar ne sont pas fous. Sous couvert de faire rimer University et Academy, ils ont bien compris que dans « Monstres University », ce qui faisait le plus peur, ce n’était pas les monstres