En musique, tout est question de moment, d’état d’esprit et en ce qui me concerne cela fait plusieurs mois que j’attendais un classique de pop moderne, à écouter en toutes circonstances et qui ne tomberait pas dans la mièvrerie auquel le mot Pop renvoie trop souvent.

Destroyer

destroyer coverCe disque, il est arrivé dans ma boîte aux lettres un peu par hasard et je dois dire qu’il n’a pas quitté mes oreilles depuis. Son auteur : Daniel Bejar, connu en tant que membre de The New Pornographers et qui donne toute la mesure de son talent sur son projet solo : Destroyer. Complètement atypique et foisonnant d’idées les albums de Destroyer (neuf au total) sont aussi éclectiques que déroutants et en ce sens, cette nouvelle mouture délicatement nommée Kaputt tranche vraiment avec ses prédécesseurs. Non pas que les idées ne soient pas présentes mais plutôt que l’album est totalement homogène dans son excellence. Cette fois ci les références sont à chercher à la fin des années 70 et dans les années 80 : un peu de New Order, de Bowie, de Roxy Music période Avalon. Une pop qui brosse dans le sens du poil mais au combien touchante et prenante. Des rythmes simples, un saxo sensuel, des touches de guitares élégantes, la voix éraillée et maîtrisée de Daniel, tout est fait pour que vous installiez dans un cocon sonore : du voyage à Chinatown au grandiose Bay Of Pigs, en passant par Downtown et Savage Night Opera et leur basse à la Twin Shadow, Suicide Demo for Kara Walker qui commence comme un morceau de David Gilmour, poursuit par une flûte enchantée avant d’éclater au grand jour, All Sound Like A Dream To Me comme le dit si bien la chanson titre.

Un disque qui dessine la route des plages avec ses rythmes enjoués, en total contraste avec les textes.

En écoute: Blue Eyes

Cut Copy

cut copy coverTransition idéale pour évoquer le nouveau Cut Copy car, de l’autre côté de la planète, en Australie, ils sont justement en pleine saison chaude… et ce Zonoscope est juste la parfaite continuité du chemin crayonné par Destroyer. En revanche si l’on se replace dans la discographie du groupe, cet album marque une vraie évolution par apport au très bon et très retro In Ghost Colours. Ici on pourrait plus parler de rétro futurisme et si le morceau d’ouverture : Need You Now n’a pas toutes mes faveurs, replacé dans le contexte de ma route musicale traversant les saisons, il s’avère être tout à fait à propos : fin de la route, on sort de la voiture et on peut admirer les premiers rayons du soleil. Comme l’ambiance est à la fiesta on file direct sur la plage avec Take Me Over avant de faire une pause pop old-school avec Where I’m going, parfaite pour un barbecue improvisé. Pleine après midi, le soleil tape et les australiens entament les choses sérieuses avec Pharaohs & Pyramids et Blink And You’ll Miss A Revolution, la musique envahit en même temps que l’alcool : la plage devient un dancefloor… L’entracte de pop ensoleillée que constituent This Is All We’ve Got et Alissa permet ensuite aux esthètes d’entrer en contemplation sur la beauté des paysages et des corps puis de profiter du romantisme de la tombée du jour avec la chillpop de Hanging Onto Every Heartbeat. La nuit commence alors en fanfare avec l’électro plus brutale de Corner Of The Sky et les 15 minutes transcendantales de Sun God pour atteindre la lumière divine.

Quelle journée ! Et dire que j’ai pu lire que Zonoscope était mou ; à tous ceux là je conseille de consulter rapidement, la pilule bleue peut vous aider.

Pour les autres l’été commence aujourd’hui, je vous emmène ?

En écoute Pharaohs & Pyramids