27 septembre 2006

# Mutation de la blogosphère

Lorsque j’ai commencé à bloguer (il y a presque un an), j’ai découvert avec amusement la fracture sociale qui existait dans cette société virtuelle qu’est la blogosphère.

Darkplanneur décrivait alors les artistos de Typepad, la France d’en bas d’Over-blog* et les sauvageons de skyblog, avec une auto-dérision très à propos.

Je pense que cette analyse est désormais obsolète. Voici ma vision.

Quelques barons « Typepadiens » ont aujourd’hui franchi une étape supplémentaire en mettant un pied dans la sphère médiatique : Loïc le Meur dans En Apparté, Vinvin découvert par Canal+, les blogueurs de l’université d’été de l’UMP…
Cette poignée de blogueurs médiatisée est le porte-parole de la blogosphère : elle change petit à petit le regard des « non initiés » qui ne nous regardent plus comme si nous faisions partie d’une secte, comme si le blog était seulement « un truc d’informatique ». Même si les gens de la vraie vie ne nous comprennent pas encore tout à fait, au moins ils connaissent notre existence, et savent qu’il faudra compter avec nous. Le hic, si nos blogueurs médiatisés font un faux pas, c’est toute la communauté qui en souffrira (je pense notamment à une certaine échéance en 2007…).

Tandis que les autres barons s’endorment sur leurs acquis (privilèges ?), la blogeoisie monte en puissance.
Les nouveaux riches de la blogosphère sont là. People anonymes courtisés par les Marques, ils testent les derniers produits à la mode, font des soirées VIP, sortent de chez eux et le racontent à qui veut l’entendre.
C’est la plus grosse évolution que j’ai ressenti. Hier, accéder à un téléphone portable ou être sollicité pour une campagne de buzz étaient réservé aux barons implantés dans les milieux. Aujourd’hui, n’importe quel blogueur peut être sollicité… s’il est bon**.
Le blogueur lambda, lui, regarde la blogoisie comme on lit Voici ou Gala : soit avec envie, soit avec cet air qu’on arbore lorsque l’on parle de Magloire ou Loana.
Ok pour la reconnaissance de notre statut de relai de l’information, mais pas pour le côté pique-assiette.([EDIT] Ce passage n’a rien à voir avec « on n’est pas des vendus » , mon point de vue se trouve ).

Les sauvageons, eux…et bien, ils restent des sauvageons!

Avec le temps et un développement soutenu (aussi bien en nombre de blogs que d’outils à notre disposition), la blogosphère a gagné en « compétence et en expertise ». Les lecteurs sont eux aussi devenus plus exigeants, plus pointus. Terminé donc le statut prédéterminé par un choix de plateforme : les artistots typepadiens, les prolos d’Overblog… tout ça est terminé.

La blogosphère est directement passée de la monarchie à l’économie de marché : les bons se développent, les mauvais disparaissent. Ceux qui rêvent de s’envoler dans les sphères d’influence devront vite intégrer que la partie ne se joue plus uniquement sur un blog : MySpace, MyBlogLog, Ziki … et l’implication en tant que blogueur dans la vie réelle sont désormais à prendre en compte sérieusement pour le développement de son influence. Fond et formes doivent également suivre sur ce « marché concurrentiel ».

Ami blogueur, quelle que soit ta position, ceci est à prendre au second degré. Ami lecteur, tu dois te dire que les blogueurs sont vraiment nombrilistes…

* autant vous dire qu’une de mes priorités a été l’ascension sociale
** bon = bonnes statistiques et  représentatif d’un marché (en autres)
tags technorati :