MGMT Cover Congratulations22 mars dernier, je fais partie de cette poignée de chanceux conviés à la soirée d’écoute du nouvel album d’MGMT, un des plus attendu de cette année 2010.
Lieu choisi pour la petite sauterie : le Scopitone, minuscule club parisien mais au combien sympathique et convivial. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, on peut dire qu’il porte bien son nom puisque dans les années 60 un Scopitone était un jukebox ultra moderne associant l’image au son utilisé pour diffuser les clips, et que, dans sa nouvelle formule on découvre une petite salle de concert, installée dans les soubassements parisiens avec un concept aussi simple qu’essentiel : « On y mange on y écoute et on y voit ».

La Soirée MGMT

Ce choix n’était sans doute pas anodin car une fois dans le Scopitone, on se sent plus dans l’underground new-yorkais qu’à Paris, de sombres escaliers conduisant à la salle, toujours en effervescence…quoi de plus normal finalement pour accueillir MGMT.
En tant que grand professionnel, je décide donc de vérifier le concept dans sa globalité sachant que pour l’occasion il fallait clairement y rajouter « On y boit » en premier lieu.

Bref on y a bu, beaucoup, mangé aussi et vu le duo Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden débarqué relativement anonymement dans leur coin réservé ; un contexte débridé, exempt  de fans hystériques… assez rare pour être signalé.
Et l’album dans tout ça ? Et bien il est effectivement passé en boucle pendant 2-3 heures mais sans vraiment être audible, son assez bas et surtout couvert par les discussions des personnes présentes. Qu’importe, la soirée a ensuite pris de l’ampleur puisque les potes d’MGMT eux même sont passés derrière les platines, parfois avec les moyens du bord (ipod) mais toujours avec très bon goût.

Fin de soirée, je remonte les escaliers éméché et quitte New-York pour retrouver Paris, le sentiment qu’MGMT et l’audience dont je faisais partie ne faisait qu’un, le temps d’un instant.

Le concert MGMT

MGMTLe lendemain, pas le temps de s’attarder sur la fiesta hallucinante de la veille, direction le Trabendo pour assister au concert exceptionnel que donne le groupe. Première partie démente des français de Zombie Zombie qui accompagne le groupe durant cette mini-tournée de présentation ; une introduction en forme de champignon hallucinogène parfaite. MGMT prend le relai, alternant entre les chansons de Congratulations et d’Oracular Spectacular. Un set ultra homogène et impressionnant de maîtrise, par opposition à ce dont nous avait habitué le groupe…un son élégant idéale pour les nouvelles compositions. Andrew chante mieux que jamais et le public reprend en cœur sur chaque tube du premier album; un seul d’entre eux ne sera pas joué : Kids, qui semble être devenu ce que Creep est pour Radiohead, une chanson vide de sens et dont le succès a dépassé ses auteurs tant elle ne les représente pas.

Passons aux nouvelles chansons, aucuns tubes radiophoniques à l’horizon et pour cause, Congratulations est nettement plus complexe et moins électronique que son prédécesseur. Les contre pieds musicaux sont incessants et le duo passe à la moulinette 50 ans de Musique avec une facilité déconcertante et une préférence pour la période hippie insouciante des 70’s.
On pense notamment aux Beach Boys (dès la pochette d’ailleurs) pour le côté surf, au Pink Floyd de Syd Barrett sur la partie psychédélique et à David Bowie pour le rendu ultra glamour.
On trouve donc des percussions insensées (It’s Working), des perles de pop déstructurée (Song For Dan Tracy et Flash Delirium), du punk ensoleillé (Brian Eno) et des sommets de délicatesses (Someone’s issing, I Found A Whistle, Congratulations).

Mais pour revenir au concert, les champignons ingurgités avec Zombie Zombie ont totalement fait leur effet au moment de Siberian Breaks, montagnes russes musicales et pierre angulaire du nouvel album avec ses 12 minutes psychédéliques. Le public est déconcerté mais réceptif face un tel délire musical, capable de distordre l’espace temps.
A la sortie du Trabendo, difficile de revenir à la réalité tant se laisser porter par la vague MGMT était bon…

Avec le recul, si Oracular Spectacular était un formidable premier disque, ce nouvel album se révèle nettement plus ambitieux, un retour à l’essence de la musique mais aussi un trip monumental sur lequel le temps n’aura pas de prise… une trace indélébile dans l’’histoire de la Musique.
So Congratulations !