Vine-LogoVine n’aura pas fait de vieux os. A peine lancé il y a 6 mois, l’application de vidéos liées à Twitter serait déjà en train d’être enterrée. La cause du décès n’est pas encore très claire mais il se pourrait qu’Instagram ait coupé l’herbe sous le pied de Vine. Peut-être… Et si c’était simplement le format qui n’était pas bon ?

What’s Vine ?

Application créée en 2013 et lancée en janvier 2013, Vine est une application liée à Twitter pour partager du contenu vidéo. Rien de nouveau à priori sauf la durée de la vidéo, limitée à 6 secondes.
6 secondes, ca paraît très court, trop court. Mais c’est une contrainte, au même titre que les 140 signes de Twitter.
On peut « monter » ses vidéos en interrompant l’enregistrement du film puis en le faisant repartir à un autre moment. Une fois les 6 secondes écoulées, la vidéoe se met en boucle.
L’appli disponible sur iPhone et Android propose de géolocaliser (beurk) les vidéos et d’intégrer le hashtag # comme sur Twitter.
Au final, on se retrouve avec un beau Gif animé et sonore, à partager avec ses followers.

L’arrivée de Facebook

L’année dernière, Mark Zuckerberg rachetait l’application de partages d’images Instagram, qui compte environ 80 millions d’utilisateurs.
En juin, il annonçait la possibilité de publier des vidéos de 15 secondes sur son appli.
Bam ! 15 secondes c’est mieux que 6 (?) ! Et voilà que Facebook vient se replacer dans le secteur du partage de vidéo en ligne ; un secteur qui pourrait être rémunérateur (publicité, contenu de marques, etc…). Rien n’est dû au hasard…

vine-instagram-shares

Deux coqs, une basse-cour

Beaucoup d’acteurs du web attendaient les premiers résultats et évidemment le gros Goliath a mangé le petit David ou plutôt le petit Vine. En fait, le combat n’a jamais eu lieu.
Entre le 19 et le 25 juin, le nombre de liens Vine partagés sur Twitter a chuté de 2,5 millions à 900 000 (-64%). Etonnamment le report sur Instagram n’a pas été très flagrant, à croire que les utilisateurs de Vine auraient simplement disparu.
Dans le passé, des baisses brutales ont été observées sur Vine, en fonction de l’actualité mais là, il semblerait que le phénomène soit à l’arrêt, malgré l’annonce par Twitter de nouvelles fonctionnalités.

Comment expliquer un désamour aussi soudain ?

Le phénomène « Selfies »

Sur iPhone, Vine ne pouvait s’utiliser qu’avec la caméra arrière. Depuis le mois de juin, la caméra frontale a ouvert la porte aux « selfies », ces autoportraits qu’on voit généralement sur Facebook et qui se déclinent en « autovidéos » accompagnées de monologues face caméra. Evidemment, alors qu’auparavant vous deviez filmer le monde extérieur, des milliers de vidéos de visage insipides et de discours ennuyeux sont apparus sur le réseau social.

Les Selfies auraient-ils tué l’intérêt de Vine ? Avec l’exemple ci-dessous, la question ne se pose plus.

6 secondes de rien

Pour beaucoup, Twitter a déjà un intérêt limité. Cette fois-ci, vous rajoutez du son et de l’image et, après avoir visionné une dizaine de Vines, vous vous rendez-compte que la qualité est rarement au rendez-vous (pour ne pas dire jamais). Il s’agit d’extraits de vidéos tremblantes, de rush horribles et de voix criardes sans sujet, comme la première fois que vous avez pris une vidéo avec votre téléphone. La différence c’est que vous l’avez gardée pour vous ou probablement effacée.
L’absence de qualité intellectuelle ou artistique tue l’application.
Certaines sortent parfois du lot, comme le Vine des attentats de Boston, qui était les seules images disponibles rapidement, mais pour le moment, vous avez la terrible impression de regarder du vide, et pire que tout, du vide en boucle de 6 secondes.

Snapchat, sexting garanti

snapchatVine étant sur Internet, Vine n’a pas échappé au porno (règle 34 de l’Internet). En 6 secondes, vous avez largement le temps de voir une paire de seins et quelques parties génitales. Du coup, il y a eu un regain d’intérêt et l’application a été interdite de téléchargement par Apple au moins de 12 ans.
Mais là aussi, Vine s’est fait déborder par Snapchat, une application de sexting non affirmé. Le principe est simple: vous envoyez une photo ou une vidéo éphémère. Après de 10 secondes de visionnage, l’image disparaît.

 

Et maintenant?

Vine a créé un besoin qui aurait pu rencontrer un vrai public comme l’a fait Twitter. Le problème c’est qu’écrire 140 signes c’est beaucoup plus « facile » que de proposer 6 secondes de belles images et de son correct.
Vous « tolérerez » un message d’une personne qui dit « je dors » mais la voir  pendant 6 sec ca prend une autre dimension, puisqu’une vidéo demande du temps et de l’attention.
Ensuite, le problème c’est que Vine n’a pas la même dimension « communicante » que Twitter. Les mass medias, les journalistes ou les publicitaires n’y ont pas encore vu d’intérêt. Trop court probablement. C’est donc les early adopters amateurs qui l’ont utilisé et qui, pour le moment ne proposent rien de qualitatif.
Enfin, l’effet de curiosité étant passé, les utilisateurs sont retournés vers Instagram, une application déjà populaire.En fait, en proposant le même service, il n’a pas remplacé Vine, il l’a simplement rendu redondant.