Tete de lectureUn week-end à la campagne, la découverte d’un tourne-disque et d’une pile de vieux vinyles cultes : The Beatles, Pink Floyd, the Eagles en versions originales !  Voilà de quoi renouveler la nostalgie pour ces vieilles galettes qui ont bercé notre enfance.
Pourtant, un grand nombre de ces œuvres sont appelées à disparaître, tout simplement parce que le support se dégrade et qu’il est difficile de les conserver. Mais une nouvelle technique basée sur la photographie pourrait redonner vie à certaines pièces de collection, abîmées.

Un support centenaire

Les vinyles existent depuis 1880 et se sont popularisés après 1945  jusqu’aux années 90. Beaucoup d’œuvres ont été pressés sur ce support et le poids des années a parfois dégradé la qualité quitte à les rendre inaudibles.
Par ailleurs, certaines galettes sont uniques et ne peuvent plus être écoutées. Trop fragiles, le passage d’un diamant pourrait tout simplement détruire le disque. Parfois, le disque est rayé, cassé, attaqué par les champignons, ce qui ne permet même pas de le faire tourner.
Enfin, la standardisation des vinyles (matériaux, poids, vitesse, têtes de lecture…) ne s’est pas faite immédiatement, ce qui rend plus difficile leur conservation.
Depuis plusieurs années, une technique de photographie se développe pour enregistrer, restaurer, archiver ces vieux disques… en les prenant en photo.

L’image du son

Sillon vinyleEn observant un disque microsillon au microscope, on remarque que la tête de lecture se déplace radialement (donc pas en profondeur), qu’il est donc possible de la visualiser et donc de la lire. Ensuite, en scannant le disque en haute définition (30480 dpi), vous obtenez une photo géante de la musique. Cette image, pourra ensuite être retravaillée pour restaurer la piste sonore : vous modifiez le son en retouchant l’image. Puisqu’un sillon est toujours de même largeur et est continu, il est possible de le reconstituer s’il est endommagé ou de retirer graphiquement de la poussière incrustée.
La lecture graphique du déplacement du sillon permet ensuite d’extraire et de reconstituer la musique, qui sera restaurée avec des pondérations fréquentielles. A ce sujet, les spécialistes de la restauration se demandent paradoxalement si les craquements et le bruit font partie de l’œuvre originale ou pas
Autre revers de la médaille, les instruments perfectionnés d’aujourd’hui restituent trop les défauts, qui ne s’entendaient pas à l’époque où les têtes de lecture se la prenaient moins (la tête).

C’était mieux avant ?

SleevefaceCa me fait plaisir qu’on essaie de sauver les vinyles même si leur salut passe par un format numérique graphique. Etrangement, ce grand disque noir brillant me rend nostalgique, me donne envie de le faire tourner, de le toucher. Il me rappelle cette lointaine époque, où les paroles de chansons se trouvaient dans la pochette, où l’on ne zappait pas la piste 3, où l’ordre des chansons avait un intérêt (sur les disques de musique classique, la lecture commençait au centre et se terminait à l’extérieur : la meilleure qualité des sillons extérieurs était réservée aux morceaux les plus intenses, les plus complexes, à la fin…).

Vous aurez donc compris, si vous retrouvez de vieux vinyles abîmés chez vos parents, ne les jetez pas, photographiez-les !

PS: Allez faire un tour sur sleeveface . Beaucoup ont photographié leurs vieux vinyles de façons très originales!