3 novembre 2008

# Ne sauvons pas la Camif

CamifLes manifestations pour sauver la Camif se succèdent à Paris comme en Province. Le leitmotiv est d’obtenir 20 millions d’euros pour sauver 900 des 1400 emplois que compte la société. « Si c’est pour sauver des emplois, ben faut le faire, non ? »
Non, il ne faut pas !

La Camif est le numéro 3 de la vente à distance, derrière Les 3 Suisses et La Redoute. Créée en 1947, elle rencontre aujourd’hui des problèmes de trésorerie et une baisse de son activité. Les médias essaient de nous faire croire  que c’est du à la Crise. Mais non, là n’est pas la raison. Dans les années 1980, la Camif a voulu se diversifier dans des activités comme le textile ou l’informatique. L’initiative était bonne jusqu’au milieu des années 90, moment où ces deux secteurs en particulier se sont sérieusement mondialisés avec les conséquences que l’on connaît. Les pertes ont alors commencé et rien n’a vraiment changé.

Au-delà de l’aspect tragique que représente la fermeture d’une entreprise, le licenciement d’employés et toutes les conséquences que cela engendre au niveau d’une région, d’un bassin d’emploi, etc., je pense qu’il convient de réfléchir à la situation de façon rationnelle.
Aujourd’hui, certains souhaitent réinvestir 20 millions d’euros, persuadés que le modèle est viable. La Camif aurait donc raison et le système économique dans lequel elle évolue serait, lui, mauvais. Si ces 20 millions ne sont pas donnés alors c’est un méchant fond d’investissement qui « reprendra la Camif pour un euro ».

Voilà donc ce que tout cela m’inspire.

Un fonds d’investissement a pour vocation de dégager une rentabilité optimale, dans un laps de temps relativement court (environ 5 ans).Pour cela, il rachète des sociétés en difficulté, les restructure, lui donne de la valeur et les revend. Soit l’opération ne fonctionne pas et l’entreprise meurt soit elle fonctionne et la survie est au bout. Il a donc tout intérêt a ce que le sauvetage fonctionne.
Enfin, je ne comprends pas l’intérêt de maintenir sous perfusion un système qui ne marche plus. Un système qui n’a pas su s’adapter aux changements économiques (majeurs) comme celui du textile, celui de l’informatique, celui de la vente à distance. Je doute également de la capacité à se réformer de la part de cette société, qui ne l’a pas fait en 20 ans, surtout si elle est reprise par la Région. La Camif est en voie de disparition, parce que le milieu dans lequel elle évolue a changé et qu’elle n’a jamais su y faire face. Laissons la mourir de sa belle mort et organisons son démantèlement. Quitte à donner 20 millions, autant former les anciens employés et les aider à trouver un nouveau job. Demandons des comptes aux dirigeants, seuls responsables de cet échec et tirons en des leçons.

Join the conversation! 5 Comments

  1. Autant vous faites souvent des bons posts, autant celui-ci ne sert vraiment à rien et n’apporte rien. Les arguments sont désués de sens…
    J’imagine un employé qui lit « Ne sauvons pas la Camif »…. super !

  2. @jlemarchand
    Pourriez-vous développer en quoi les arguments sont dénués de sens?
    Je suis prêt à en discuter.

  3. Salut Julien,

    Il faut prendre l’article comme du second degré un peu provoc. Le propos n’est pas de se réjouir de la mort d’une entreprise française et encore moins des pertes d’emploi engendrées.

    Je n’ai pas écrit l’article et Anthony explicitera mieux son message, mais pour moi c’est surtout une réflexion sur l’adaptabilité des entreprises dans le nouveau paysage économique mondial.
    On parle en particulier de la Camif, mais le propos reste vrai pour d’autres grandes entreprises qui ont décidé, consciemment ou inconsciemment, de ne pas remettre en cause leur modèle économique, de ne pas voir que le consommateur a changé etc…

    Là où j’aurais nuancé l’argumentaire, c’est sur les fonds de pension. Si le rachat par un fond de pension peut s’avérer bénéfique en théorie, il est vrai que la plupart ne sont pas pétris de bons sentiments, ont une approche « court termiste » de la rentabilité et dépouillent l’entreprise de ses ressources et non pas de vision à long terme.

  4. Je bosse dans une société avec un bilan déficitaire chaque année depuis 7 ans mais renfloué à chaque fois par le grand patron qui gagne de l’argent dans d’autres filiales du groupe! Mon mari bosse dans une société sur le point de déposer le bilan pour cause de gestion déplorable. Je pense donc savoir un peu de quoi il retourne et je suis tout a fait d’accord avec Toy.
    Le sentimentalisme n’est vraiment d’aucune utilité dans ce genre de situation. Une arrivée d’argent permettra de payer momentanément les fournisseurs: mais si le modèle économique n’est pas revu en profondeur(ce qui n’arrive jamais tant qu’on réinjecte de l’argent dans la structure) cela ne fera que retarder l’échéance inéluctable et gaspiller de l’argent qui pourrait être employé bien plus utilement.

    J’apprécie ce billet comme bien d’autres ici car il ose traiter d’un sujet d’actualité avec conviction et sans hypocrisie.

  5. Effectivement, le titre de l’article se veut volontairement provocateur.

    Pour avoir un peu étudié le sujet, la Camif était une coopérative d’achats, fondée en même temps que la MAIF par des enseignants, basée sur l’entraide et la solidarité. Les techniciens travaillaient 34 heures et les relations avec les fournisseurs se voulaient cordiales, dans un esprit de camaraderie.

    Les clients n’ont longtemps été que les enseignants, des consommateurs très fidèles. Puis ceux-ci ont commencé à aller voir ailleurs.
    Petit à petit, les choix de la direction ont éloigné la société de l’esprit coopératif, sans pour autant attirer le grand public. La multiplication des mauvais choix stratégiques ont mené l’entreprise dans le mur depuis 15 ans.
    Il est donc effectivement triste que les salariés aient aujourd’hui à subir les conséquences d’années de mauvaise gestion.

    Mon propos est donc de douter de la pertinence d’un plan de sauvetage d’une entreprise, à l’esprit corporatiste, qui n’a jamais su s’adapter ni évoluer aux changements du marché et qu’il est sûrement plus intéressant d’aider les employés à se reconvertir et de tirer les leçons de cet échec.

Comments are closed.

Category

Société