Logo AlpineC’est la rumeur qui court actuellement dans le monde automobile : le retour de la Renault Alpine. Après les succès de la Mini, Fiat 500 et DS, chaque marque puise dans son héritage pour paradoxalement redonner du sang neuf à sa gamme. Le retour de l’Alpine signifierait pour Renault un retour à la fois sur le segment sportif et haut-de-gamme: des créneaux qui ont été abandonnés depuis longtemps et qu’il ne sera donc pas simple de reconquérir… Alors, est-ce vraiment une si bonne idée?

Pour ma génération, l’Alpine n’évoque pas grand-chose à part une marque un peu désuète de voitures de sport vaguement liée à Renault dans les années 60…
Pourtant, il s’agit d’une philosophie portée par un passionné d’automobile (M. Rédélé) et qui souhaitait donner l’accès aux plus nombreux à une voiture de sport.

Une nouvelle philosophie

ancienne Alpine cotéL’Alpine a été conçue sur la base d’une Renault existante (la 4CV) et a intégré au fur et à mesure toutes les nouveautés techniques de la marque à cette époque. Pour limiter les coûts, aucune pièce n’avait été inventée, elles étaient reprises sur d’autres modèles, voire d’autres marques.
Renault a repris ce concept en 2004 avec la Logan. En réutilisant des pièces déjà conçues pour d’autres modèles (un volant ici, un roulement à aiguilles là), on économisait le coût des études et des moules et on améliorait la fiabilité.

Les philosophies changent. En 1960, Renault « faisait » l’Alpine Berlinette A110, star des rallyes et 40 ans plus tard, elle faisait la Logan

Aujourd’hui, Renault souhaiterait ressusciter sa marque sportive, tout comme BMW a su le faire avec Mini.
La stratégie est toute simple et déjà éprouvée : capitaliser sur le nom, la sympathie et l’histoire de l’Alpine pour vendre des Renault.
Fiat 500, Citroën DS sont des exemples qui ont très bien fonctionné et qui ont su attirer un public jeune, branché… et aisé.

Après des années d’attente, voici à quoi ressemblerait donc la nouvelle Alpine.

New Alpine cote

 

New Alpine face

deZirAlors que le principe est de remettre au goût du jour d’anciens modèles, de les remettre à niveau technologiquement, Renault a décidé de créer une nouvelle voiture de sport sur la base d’un concept-car électrique et d’y coller sa marque premium. Si on observe bien la nouvelle Alpine, il ne s’agit en réalité que de la Dezir déjà présentée en 2010.

 

 

 

Pas une Alpine

A mon avis, Renault fait une erreur en usurpant le nom de l’Alpine. Rien ne rattache cette nouvelle voiture à la petite sportive d’antan, sinon la couleur et le nombre et la forme ronde des optiques.

ancienne Alpine 34Avec cet essai, Renault réutilise un nom, pas l’état d’esprit qui l’accompagne. Ils n’ont pas compris qu’ils devaient jouer sur la carte rétro-moderne. Les New Beetle, Mini, Fiat 500 vous laissaient penser qu’il était possible d’accéder au bonheur de conduire des années 50/60/70 et surtout elles étaient accessibles. Les designs simples, rétro mais modernes jouaient pleinement la carte de la nostalgie.

Cette nouvelle Alpine ne fait pas rêver avec son aileron tuning et ses bandes orange. En ressemblant plus à une voiture de course qu’à une voiture de sport, Renault fait l’erreur de produire un beau concept-car qui ne verra sûrement jamais les concessions tel quel. M. et Mme tout-le-monde ne sont pas touchés. Quant aux fans de l’Alpine, beaucoup ne supportent pas ce concept de Renault-Alpine (et non Alpine Renault comme à l’origine) basé sur la DeZir plutôt que sur la Berlinette elle-même. En plus, beaucoup d’entre eux tiennent la marque au losange pour responsable de la mort de l’Alpine…

Pour le moment, personne ne sait ce qu’il adviendra de l’Alpine même si une décision doit être prise d’ici la fin de l’année. Il ne reste qu’à espérer que Renault saura retrouver la simplicité de l’Originale et proposer un modèle axé sur le plaisir de conduire, moins typé course et du coup, plus abordable…