Suis moi je te fuis

Nous l’avons tous vécu au moins une fois dans notre vie et on n’a jamais compris comment ça marchait. On cherche à plaire à quelqu’un, à conquérir et hop, il se barre ou ça l’intéresse pas. Du coup, on se lasse, on passe à autre chose. Alors l’autre accourt, multiplie les efforts mais c’est vous qui n’en voulez plus. Caprice d’enfant ou réflexe humain ?

La quête de l’autre est une mécanique pas toujours bien huilée ni toujours heureuse. D’ailleurs pour s’en assurer, il suffit de le taper sur Google pour s’apercevoir que le problème devient une cause nationale. Loin d’être un phénomène réservé aux ados pré pubères, les forums regorgent de témoignages, de conseils pour se sortir de cette mauvaise situation (pour l’anecdote, vous trouverez 961 000 résultats pour « suis moi je te fuit » et seulement 300 000 pour «suis mois je te fuis »).

Bénabar l’évoque dans « Vade Retro téléphone », repousser pour mieux attirer est une technique de séduction, qui peut marcher mais qui nécessite tout de même une certaine perversité, de manipulation. Mais comme ça marche, qui s’en priverait ?
« Le combiné dans les mains j’hésite et je raccroche Pas pressé d’ passer pour celui qui s’accroche Fébrile et collant ça donne pas vraiment envie Lointain et distant, j’ sais pas pourquoi mais c’est sexy ».

Mais « suis moi je te fuis… » est en fait typiquement humain… et très philosophique. Il s’agit en fait de la dualité entre le désir et sa réalisation qui au final, peut mener à l’insatisfaction, au dégoût, à l’ennui. Car, qu’ils soient finalement matériels ou sentimentaux, l’Homme est en perpétuel quête de satisfaction de ses désirs. Il mettra tout ce qu’Il pourra en œuvre afin de le satisfaire, car Il est un être de désir, un être inachevé. C’est la Nature Humaine.

Au final, le désir a besoin d’obstacles, de difficultés pour exister. La réalisation de celui-ci peut mener à deux issues : la satisfaction, qui sera proportionnelle à l’intensité du désir ou bien à la perte d’intérêt, au dégoût.

Il est donc dans la nature Humaine que de vivre un « suis moi je te fuis ». Les plus grands philosophes, Kant, Sartre, Epicure, ont cherché avant vous comment s’en défaire ou s’en accommoder mais il n’y a pas d’issue. C’est un processus tout à fait normal qui vise à assumer son inachèvement, son imperfection.
Il n’en reste pas moins que lorsque nous le vivons, ni Kant, ni Sartre ne nous aident et que nous sommes malheureux comme des chiens…

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  1. très intéressant tout ça.. j’ai l’impression qu’on vient de résumer ma vie ;-) (et je confirme, ça fait un mal de chien)

  2. plzz je suis amoureuse de mon ex mais mon ex ne l’est pas comment le faire amoureux de moi aidez moii!! plzzz je vous en suppliee

  3. plz aidez moi en envoyant un message sur mon email hot_sexy_rita@hotmail.com

  4. @rita tchamitchian
    On va essayer de t’aider.
    Depuis combien de temps étiez-vous ensemble? Quelle était la nature de votre relation? Qui a quitté qui?

    Et surtout, lui cours-tu toujours après?

  5. Je dois vraiment être un extra-terrestre, je n’ai jamais joué les indifférents quand quelqu’un me plaisait… et je n’ai jamais couru après quelqu’un très longtemps non plus, d’ailleurs.

    En revanche, désirer quelqu’un/quelque chose qu’on ne peut avoir, c’est effectivement une tendance assez naturelle, me semble-t-il. Même à ce petit jeu là, je me suis déjà fait avoir. Mais je n’ai pas couru.

    Qui a dit « pisse-froid »??

    Non non, juste pas très emphatique et un peu réfractaire aux risques de râteaux. Bizarrement, quand quelqu’un me plaît, je ne vais pas foncer sans avoir de signes positifs en face… Est-ce à dire que le « suis moi je te fuis » n’est pas le seul mode de fonctionnement dans la séduction? Je l’espère, parce que la transparence, en séduction, quand on est face à quelqu’un qui se contente de se montrer intéressé(e) lorsqu’il/elle l’est, c’est agréable aussi.

  6. Le « suis moi je te fuis » et « fuis moi je te suis » est effectivement typiquement humain et reprend a mon sens notre heritage lointain, a savoir que l’homme est un chasseur et la femme un « dompteur » (ce n’est pas le terme exact mais je n’en trouve pas de plus approprié).

    Je m’explique: outre la peur d’etre confronte a de l’insatisfaction ou du degout une fois son desir realise, au prealable, il y a tout le plaisir de la chasse et de la tentation…
    L’homme aime chasser et plus la proie est difficile a attraper, plus il aura du plaisir a la pister, la traquer, pour finalement la faire tomber dans ses filets. Le frisson ressenti est – je suppose – inegalable a d’autres…
    La femme de son cote doit mettre en oeuvre ses atouts, ses charmes… C’est a celle qui sera la plus seductrice, la plus tentatrice, et au bout du compte, elle sera fiere de dire « celui-la, c’est moi qui l’ai eu »… C’est un signe de superiorite sur ses consoeurs et une marque de pouvoir.
    Les deux seront fiers de « montrer leur trophee ».

    On dit souvent d’ailleurs que le meilleur dans une relation, c’est au debut, lors du jeu de seduction, quand on n’est pas encore passe a l’acte, mais que tout peut encore se jouer.

  7. [...] autre, Le “suis moi je te fuis“, relaté sur OK cowboy (http://www.okcowboy.net/nuage-des-filles-suis-moi-je-te-fuis.html ). Et oui les gars, les filles se prennent la tête pour [...]

  8. [...] autre, Le “suis moi je te fuis“, relaté sur OK cowboy (http://www.okcowboy.net/nuage-des-filles-suis-moi-je-te-fuis.html ). Et oui les gars, les filles se prennent la tête pour [...]

  9. [...] fois un moteur et une frustration. L’obscénité est un jugement de valeur. On en revient à l’assouvissement de nos désirs face à la valeur des Choses. Pour certains, un costume à 700 euros est une hérésie, du [...]

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