agoria cover

Pour cette première chronique de l’année 2011, la facilité aurait voulu que je parle du très bon premier album d’Anna Calvi ; mais vu le matraquage médiatique autour d’elle, j’ai décidé de vous éviter une redite foncièrement sans intérêt pour vous, chers lecteurs.
Pour autant le niveau musical ne baissera dans les lignes qui vont suivre… bien au contraire.

Lorsque début janvier, j’ai débuté l’écoute du nouvel album d’Agoria, j’avais déjà celui de Landscape bien en tête. Et bien qu’ils soient différents sur le style, je me suis aperçu qu’ils avaient ceci de commun : une tendance immodérée à créer des espaces temps passionnants et passionnés, aussi musicaux qu’imagés, propices à l’évasion et surtout sans aucune frontière, excepté celles de l’imaginaire. Le genre d’album qui serait une parfaite réponse à la demande : Dessine-moi de la musique.

AGORIA

agoria cover

Je ne sais pas s’il est encore nécessaire de présenter Monsieur Sébastien Devaud, plus connu sous le nom d’Agoria, dj, producteur et artiste de génie de la scène électronique et reconnu mondialement. Frère spirituel de Laurent Garnier, les deux hommes partagent ce même goût pour une musique multi-ambiances, de la rêverie introspective aux clubs surchauffés. Auteur de 2 albums indispensables : Blossom (2003) et The Green Armchair (2006), Sébastien est sur tous les fronts musicaux : il fonde son propre label en 2006 : InFiné et monte un festival de musiques électroniques (les Nuits Sonores) dans sa ville d’origine : Lyon ; festival qui est depuis devenu une référence en la matière. Plus récemment, il signe la BO du film Go Fast, sur laquelle on peut notamment trouver le sublime morceau Dust.

Sur Impermanence (sortie le 31 janvier), Agoria a laissé libre court à sa créativité musicale tout en ayant un fil conducteur. Du coup, une vraie sérénité et une certaine atmosphère se dégage de l’album. Un disque moins explosif et moins brut que les précédents mais aussi plus personnel et subtil et dans lequel on aime se perdre à l’infini, admiratif face à l’immense beauté des paysages sonores créés. Alternant le chaud (Panta Rei, Speechless) et le froid (Kiss My Soul, Under The River) à la manière de Chloé, la musique d’Agoria n’a jamais aussi obsédante et avec son inéluctable goût de reviens-y et une richesse d’arrangements aussi exceptionnelle, Impermanence est à ranger directement parmi les classiques de la musique électronique et de la musique tout court (sortie le 31 janvier).

En écoute : Speachless

Landscape

landscape coverAvant Agoria, j’avais eu le privilège de recevoir le nouvel album de Landscape, un projet français qui m’avait particulièrement séduit sur ses deux premiers albums (One et A Little Help From My Friends). Fondé par Guillaume de Chirac en 2004, la formation n’a cessé de muter au gré des enregistrements, voyant passé en son sein des membres de Syd Matters ou encore des musiciens d’Emilie Simon…Il faut dire que Guillaume lui-même est le clavier de Sébastien Schuller, et lorsque l’on sait que c’est lui qui compose les morceaux, cela donne immédiatement une indication du niveau de musicalité de Landscape. D’abord adeptes d’un post rock éthéré, le projet a permis de bâtir un pont entre la musique de Sébastien Schuller justement, et celle de Sigur Ros. Aujourd’hui de retour en formation resserrée (5 membres), tout laisse penser sur ce nouveau volet que l’on assiste à la naissance d’un véritable groupe plus qu’à la continuité même du projet. Le nom de l’album d’abord qui est aussi celui du groupe : Landscape, et qui colle parfaitement au sens de cet article mais aussi et surtout la musique : en faisant la part belle aux claviers et à la magnifique voix de Nicolas Leroux (Overhead) le groupe semble avoir trouvé la formule idéale.

Plus intimiste et d’une limpidité à couper le souffle, ce Landscape là s’écoute d’une traite pour un périple dont vous seuls avez les clés.

Pour information, l’album sera disponible en version digisleeve exclusivement à la Fnac des Halles à Paris et sur le site de leur label www.squaredogs.fr à partir du 7 février.

En écoute : Free Again

Join the conversation! 3 Comments

  1. Intéressant, je ne connaissait pas; dans un genre tout aussi suave et également bien ficelé il y a Alex Cortiz…

  2. Soirée de lancement d’Impermanence au Rex samedi soir (5 février)

    http://www.vimeo.com/19386498

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Culture