couverture-playboy

couverture-playboyLa simple évocation du fait, auprès de mon entourage, a suscité un mélange de surprise, de dégoût et d’envie.La surprise tout d’abord, parce que Playboy c’est un magazine de fesses, tout le monde le sait, et que généralement, ce n’est pas le genre de magazine que l’on exhibe, ni dont on parle publiquement.Le dégoût ensuite, parce que passée l’évocation du fantasme, vient le magazine érotique voire pornographique selon l’idée que certains s’en font. « Le sexe c’est cool mais le porno c’est le mal ». L’envie enfin, parce que Playboy fait toujours rêver, voir fantasmer et que le gout de l’interdit, ça fait sérieusement frissonner, surtout quand il s’agit de jeunes filles dénudées.
J’avais donc envie de goûter et de lire le magazine défendu…

« Un objet de convoitise que je n’ose ni exhiber ni cacher»

 Premier constat, Playboy n’est pas facile à se procurer. J’ai du faire 6 kiosks avant de le trouver. Certains buralistes ne le proposent plus, d’autres pensent que ca n’existe plus. Ils vous proposent en revanche le dernier X Vidéo. La première fois, ma mine surprise et gênée a rapidement fait comprendre que ce n’est pas ce que je recherchais.

Lorsqu’enfin je le trouve, je me sens comme un ado en possession d’un objet interdit, un Graal érotique, un objet de convoitise que je n’ose ni exhiber ni cacher.

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le magazine défendu

Le magazine est très beau, les pages sont glacées, la couverture noire ornée d’un très beau visage de jeune fille à la peau blanche annonce les interviews de Gary Kasparov, de Woody Allen et de Portishead. Le nom de la playmate du mois, Anna Arendshort, m’est complètement étranger.
Je l’ouvre enfin, le feuillète et le magazine m’apparaît excessivement sobre, dans la mise en page, dans les photos, les couleurs et les interviews, la surprise est très agréable.
Les articles sont très bien écrits (les chroniques littéraires sont signées Beigbeder), les interviews sont longues et complètes (4 pages sans pubs ni photos ostentatoires). Vraiment plaisant et intéressant à lire. Toutefois, certains articles, sur les nouvelles technologies ou les accessoires mode notamment, sont un peu légers et manquent de profondeur.

Luxueux

playmate playboyArrivent enfin les photos coquines qui ne le sont pas, pas selon moi en tout cas. Pour avoir déjà vu la Chose, les tétons et les poses suggestives sur papier glacé ne me font plus frétiller (plus tant que ça en tout cas !). Les lecteurs de FHM seront déçus, ceux de X Vidéo encore plus. Ici la photo dite de charme relève plus de la tradition artistique que de l’obligation marketing commerciale. Les accessoires utilisés sont des smokings Yves St Laurent portés topless, des chaussures Louis Vuitton ou des sous-vêtements Chantal Thomas.
La playmate, sur 4 pages, s’avère au final très soft, même sur la mythique double page centrale. Pas de quoi fouetter le chat.
Les photos les plus dérangeantes seraient en réalité celles d’Alain Baschung et sa femme. Le couple loin des standards physiques californiens montre à travers des poses suggestives et évocatrices d’un amour réel, fait de jeux, de vices et de complicité, parfois sans (fausse ?) pudeur. Loin d’y être beau, leur amour est vrai.
Sur la fin, une double page de photos de soirée avec des gens connus (que je ne connaîtrai jamais) est à l’image de ce qui se fait dans Voici. Inutile et inintéressant.
En dernière page, les playlists proposés ont le mérite d’être éclectiques et plutôt bien foutues.
Au final, le magazine est agréable à lire et joli à regarder. La publicité, plutôt ciblée trentaine décomplexée et épicurienne, se fait discrète et s’intègre bien dans la ligne éditoriale.

 Verdict

J’ai envie de le racheter. Pour vérifier. Car c’est plaisant à lire, à regarder, à montrer, à laisser trainer.
Esthétiquement érotique, intellectuellement stimulant, socialement dérangeant, Playboy a des atouts à faire valoir.
Il ne manque selon moi qu’un ou deux articles tendances, voire précurseur, sur l’Homme ou la mode, pour en faire un standard Masculin, à l’image d’un Elle.
La quatrième de couverture, une pub Kronenbourg, n’est ni dans le ton, ni dans le style du magazine et tend vers la faute de goût. Dommage…
Loin d’un FHM racoleur, hot et Homme, Playboy c’est classe, glacé et Mâle.

Join the conversation! 3 Comments

  1. Moi aussi j’ai eu envie de voir ce que donnait Playboy en vrai, intriguée par les dernières couv avec Juliette Binoche ou Vahina Goccante notamment, et je peux te dire que la tête des « kiosquiers » quand une fille leur demande Playboy vaut le détour ! J’ai laissé tomber après 3 kiosques et quelques regards bien salaces !

  2. Poussée par la même curiosité, j’ai eu la même expérience que toi AC, les buralistes en étaient tous retournés…Après quelques tentatives, j’ai envoyé un copain l’acheter.Qu’est qu’on ne ferait pas pour la culture!

  3. Hello. And Bye. :)

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