Cette affirmation peut sembler provocatrice. Regardez les affiches publicitaires, vous trouverez des inspirations 80’s, vintage, technologiques, du fluo pop, du noir et blanc sauce baroque…
Dans nos maisons et appartements on mange sur une table en verre d’inspiration industrielle, on regarde la télévision dans un canapé aux lignes minimaliste posé à côté d’un fauteuil Louis XIV, à la lumière d’une lampe baroque. Et la cuisine est composée d’éléments bricolés pour donner ce côté fait main si tendance.
Les filles dans la rue abordent leggings 80’s, paletots à la Jackie Kennedy ; pour les chaussures il y a le choix, derbys masculins, ballerines, escarpins très Dita Van Teese ou Van’s pour les plus décontractées. Idem chez les hommes ou le street wear façon Abercrombie côtoie le costume 40’s tandis que les jeunes tecktoniks se font des battles avec des fans de hip hop, méprisés par les jeunes rockeurs à mèches dans leur slim.

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Design, architecture, mode : la profusion des styles a tué le style. Il n’y a plus de courant dominant, plus de style leader. On mélange les genres sans complexes, confortés dans nos choix par une offre hyper-abondante.

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Les décennies passées possédaient un style et une esthétique qui leur étaient propres (je me fais une représentation mentale assez précise de ce qu’étaient les années 70 ou les années 80…).
Mais que retiendrons-nous des années 2000 ? Dans 10, 20 ans qu’elle image nous viendra immédiatement en tête ? Si l’on reprend l’exemple de la mode, j’ai le sentiment que chaque saison ne fait que revisiter les décennies passées.

Pour certains, c’est le symptôme d’une société en manque de culture, de réflexion. On pioche un peu partout parce que finalement rien ne caractérise notre société, elle est en quête d’identité.
C’est peut-être aussi parce que notre société n’est plus aussi uniforme que par le passé. « La masse » n’existe plus, nous sommes des sommes d’individualités (pour preuve la disparition du terme « la ménagère de moins de 50 ans », qui ne veut plus rien dire). C’est le syndrome Internet. Il faut de tout pour tout le monde, il faut parler à toutes les « niches ».
Mais rentabilité oblige, il faut séduire le public le plus large possible. Au final, les marques font un peu de tout, pour plaire à tout le monde, mais personne n’ose plus, personne ne prend plus de risque. Et plus rien n’est nouveau.

Revisiter le passé, c’est une façon de ne pas avancer, de ne pas regarder devant nous. Comme si l’avenir nous faisait peur. Si cette hypothèse est la bonne, peut être que la nouveauté, le style, reviendront avec l’optimisme.

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