Deux jours qu’on nous parle du Bébé Royal, de son poids, de ses parents, de sa mère, sa grand-mère, de qui va changer ses couches, de son prénom. Maintenant que tout ça a été dit (alors qu’on n’avait rien demandé), voilà qu’on explique pourquoi c’est intéressant (alors que ca ne l’est pas).
Alors pourquoi ne laisse-t-on pas ce gamin tranquille et nous aussi par la même occasion ?

Une annonce royale

Crieur royalOn nous annonçait un protocole ancestral, un messager qui court jusqu’à Buckingham Palace pour annoncer personnellement à la reine qui attend sur son trône et puis un faire-part épinglé sur un chevalet visible par tous sur la place.
Et puis non, rien de tout ça. En fait, un banal communiqué de presse a mis fin à des millions d’années de protocole. Un messager déguisé en troubadour, ça aurait été délicieusement suranné, un tweet, ça aurait été moderne, là c’est juste nase.
On y presque cru avec le crieur royal mais manque de chance, il s’agissait d’un imposteur…

 

Le prénom

Les médias parlaient d’une semaine d’attente insoutenable concernant la diffusion du prénom. Les bookmakers pariaient des fortunes sur George, Alexander ou Arthur.
Whaou, énorme surprise, deux jours après, comme tous les parents du monde, le prénom était offert au monde entier à travers un faire-part original « Kikou ! Kate & William sont heureux de vous annoncer que George Alexander Arthur partagera désormais leur palais ».
Une fois encore, ce bébé aurait pu nous intéresser s’il s’était appelé Jean Diego, Scout Larue (comme la fille de Bruce Willis) ou Jaden… mais pas George.

Béb et la reine

Le bébé le moins surprenant du monde

Quand on fait un enfant, on se pose des questions, on se demande souvent ce qu’il va devenir, comment il va grandir. Est-ce qu’il aura un travail, est-ce qu’il sera plutôt sportif comme son père ou artiste comme sa mère?
Dans le cas de George, son avenir est déjà tracé pour les 20 prochaines années. Il ira à l’école privée de Wetherby School de Notting Hill comme papa puis à Ludgrove School comme papa, à Eton College comme papa et à Poudlard comme papa. Il jouera au polo, il fera l’armée et il règnera à partir de 2072.
La naissance de ce bébé n’a pas de quoi fasciner, il ressemblera à son père et un peu à sa mère aussi. Il aura le droit de choisir un métier parmi les plus nobles mais ne pourra jamais être boulanger, contrôleur de gestion ou avoir sa propre boutique… Quelle tristesse…

 

 

 

The « ¼ Royal Baby »

Son père est à moitié royal, sa mère pas du tout. Ce qui en fait un bébé 25% royal. Il est malheureusement loin le temps où duc et comtesse se mariaient entre gens de bonne compagnie.

Aujourd’hui, les parents de George sont des gueux comme tout le monde. Sa maman a accouché tout à fait normalement mais comme une princesse, c’est-à-dire sans les trucs dégueu qui font du bruit, qui sentent mauvais ou qui salissent les draps. Une vraie princesse.
Son père est comme tout le monde. Il a assisté à l’accouchement et l’aurait même filmé ( ?!), il devrait changer les couches lui-même et aurait un congé parental de 15 jours. Bon ok, il est arrivé à l’hôpital en pilotant son propre hélicoptère mais ca c’est la classe.
La plus grande nouvelle en fait, c’est d’apprendre que le Prince William travaille. Moi qui pensait qu’il jouait au polo, voyageait et visitait des hôpitaux…

Business

royal baby

Alors pourquoi nous parle-t-on du bébé royal en permanence? Pourquoi les Français, qui détestent les riches, qui plus est lorsqu’ils sont heureux, souhaiterait avoir plus de nouvelles de ce bébé que des 2300 autres qui sont nés le même jour?
Je pense qu’en fait, tout le monde se fiche éperdument de ce bébé royal et que les Français profitent du peu de soleil qu’ils ont eu sur les 9 derniers mois. L’actualité est sans doute trop pauvre en ce moment pour qu’on nous explique désormais que le Royal Baby nous fait rêver et qu’il apporte de la joie dans nos petits coeurs, encore épris de contes de fées à la Disney.

Peut-être…ou pas. Mais comme le montre cette image issue de Games of Thrones, « Voici le seul Royal Baby qui m’intéresse »

 

 

 

 

Join the conversation! 2 Comments

  1. La douleur de vivre en sachant qu’on ne pourra jamais être contrôleur de gestion doit être furieusement dure à supporter …

  2. @Simon: je trouvais ça important d’en parler… 🙂

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Société

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