Uniforme

UniformeLes proviseurs sont affolés, les parents scandalisés, l’Education Nationale démunie. La mode s’introduit dans les collèges et personne ne sait réellement quelle attitude adopter face à la présence de minishorts, de bottes, de strings, de t-shirts troués, de meggings, ou de sacs griffés dans les cours d’école. Plus qu’ailleurs, le collège est une enceinte où le style, le look joue un rôle prépondérant dans la vie sociale d’un ado, public particulièrement sensible aux tendances et aux marques. Entre facteur d’intégration, objet de personnalisation, d’identification ou signe extérieure de richesse, les vêtements, les accessoires sont une préoccupation majeure des ados. Elle devrait être également celle des parents, celle de la « société ».

Que l’on soit à Paris, en banlieue chic ou pas, en Province, ville ou campagne, la mode brutalement s’exprime dans les collèges à travers les ados. Particulièrement désireux de vouloir trouver leur place dans la société, ceux-ci ont investi le terrain de l’image avant celui des mots.

Sur le Net, les témoignages affluent et démontrent que le look d’un adolescent n’est pas laissé au hasard.
« En ce moment c’est bottes à bouts pointues avec lacets derrière + jean slim qui colle vachement aux fesses + haut moulant au choix, mais de marque, ça, c’est forcé + cheveux plaqués avec un gros serre-tête noir ou blanc ou cheveux retenus par l’éternelle pince en plastoc’. »
Ceux qui veulent déroger à la règle seront soumis à l’univers impitoyable de la Cour !

« Je shoppe donc de je suis »

Uniforme 2Que faire donc lorsque les enfants, élevés à Gossip Girl ou Closer, se jaugent à coup de sacs Chanel ou Longchamp, iPhone ou Blackberry, doudounes Moncler, pulls Diesel ou Burberry ? Que faire lorsque les minishorts troués, les bottes, les baggies commencent à flirter gentiment l’indécence ? Que faire lorsque la cour d’école devient un lieu sauvage de compétition, de consommation. A 12 ans avec la conseillère d’orientation, il faut désormais choisir entre LV2, latin, conformisme social ou marginalité.

Pour le moment, la seule réponse proposée à ces problèmes vestimentaires est le retour à la blouse, à l’uniforme. La tunique serait en mesure de cacher, de gommer les différences sociales, de revenir à une décence vestimentaire qui faciliterait l’apprentissage scolaire et ramènerait la paix dans les cours d’école. Bien entendu, la mesure ne fait pas l’unanimité.

Nous devons aider cette génération (ou la prochaine), à prendre le temps de se trouver, à refuser les modèles préfabriqués. Nous devons leur faire comprendre que l’adolescence n’est pas le conformisme social, mais la rébellion contre les valeurs adultes, que la richesse vestimentaire cache souvent une pauvreté intellectuelle, qu’il y a un temps pour les culottes courtes et un autre pour les minishorts.

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  1. L’idée du retours de la blouse ne m’effraie pas et me semble être la meilleure solution!

    ps: super le nouveau template! ;)

  2. Je suis personnellement pour le port de l’uniforme !
    de préférence à l’anglaise (pas trop moche).
    Au delà du fait que j’aurai rêvé d’en porter un,
    je pense que c’est important que l’école reste un lieu d’apprentissage, et non une parade !
    Je reste consciente que c’est important à cet âge d’appartenir à une « communauté » mais je pense que l’uniforme ne gommera pas ces distinctions qui s’exprimeront d’une autre façon, tout en limitant les différences entre les classes sociales.

  3. Marrant que tu cites Gossip Girl, dans laquelle les élèves sont en uniforme… qu’ils personnalisent (comme ça se fait dans tous les collèges/lycées anglais et américains finalement !)

    Comme toujours, le problème en France est de faire accepter l’idée du changement, sans qu’on prenne tout de suite ce dernier comme « une atteinte à la liberté ».

    Je ne sais pas si je suis pour ou contre l’uniforme. Pour moi, mon style a été un moyen de me démarquer, et de m’affirmer, et j’aurai sûrement continué à le faire malgré un uniforme. Ce qui est sûr, c’est que comme dit Julie je ne crois pas qu’un uniforme réussisse à gommer les inégalités sociales, et encore moins les « groupes », reliés par la musique, les centres d’intérêt, autant que par le look.
    Les ados ne sont pas bêtes, ils trouveront toujours un moyen de se différencier les uns des autres (ou de se rassembler sous un même « style ») et de reconnaitre qui parmi eux fait partie de tel ou tel « groupe »…

  4. Le problème n’est pas d’empêcher les jeunes de se différencier mais de faire en sorte qu’ils ne soient pas confrontés au consumérisme à 10 ans. Les marques, les tendances, les codes, tous ne sont pas prêts à y être confrontés. N’y a t-il pas un âge où l’on devrait être préservé?

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Société

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