Comme promis, je vous livre aujourd’hui mes impressions sur le Rasoir d’Ockham, le dernier roman d’Henri Loevenbruck

le rasoir d'ockham henri loevenbruckPouvoir rencontrer un écrivain avant la lecture de son œuvre offre une expérience particulière, perturbante même. Ma   perception de l’auteur lors de notre rencontre a empreint les premières pages. Je l’imaginais construire ses personnages, prendre des notes sur les lieux de l’action  et des bribes de notre conversation me revenaient. Mais très vite l’histoire m’a rattrapé.

Ari Mackenzie est un agent des Renseignements Généraux  un peu spécial : il est l’unique membre de la section spécialisée dans le démantèlement des sectes et des groupes occultes. Un jour, il reçoit un appel au secours de l’un de ses plus proches amis. Mais à son arrivée, ce dernier est mort, ligoté sur la table de la cuisine,  nu, le crâne percé et le cerveau a disparu. « Dirty  Ari » se trouve alors plongé dans une enquête qui se transforme en chasse au trésor, à la recherche des pages manquantes du carnet de Villard de Honnecourt, un mystérieux manuscrit du XIIIème siècle. Sur le chemin de l’analyste se dressera une organisation secrète prête à toutes les atrocités pour découvrir et s’emparer du secret renfermé par les
mystérieux feuillets. Histoire, occulte, croyances  et whisky single malt écossais se mêlent dans cette première aventure du commandant Mackenzie.

Tout d’abord, il est très difficile de parler du Rasoir d’Ockham sans faire référence au Da Vinci Code. Comme dans le roman de Dan Brown, l’intrigue tourne autour d’une énigme historique : il y a d’un côté les protecteurs du secret, de l’autre un groupuscule qui tente de s’en emparer. Au fur et à mesure que progresse l’intrigue, le voile se lève sur le mystère.

Si le parallèle est vraiment marquant au début cette sensation s’évapore rapidement. Notamment parce que l’auteur arrive rapidement à imposer son style et à nous faire rentrer dans cette histoire qui vous fera découvrir le mythe de la Terre Creuse et les origines occultes du nazisme. Par ailleurs, le roman bénéficie d’un rythme beaucoup plus soutenu que Da Vinci Code, qui il faut le reconnaître est longuet par moments.

Le rythme est notamment créé par une écriture « cinématographique » et très visuelle. Certains pensent que c’est le propre du thriller, et jugent cette technique «vulgaire ». Personnellement, je trouve que Loevenbruck use à bon escient de cet effet qui donne une dimension supplémentaire à la lecture. Il réussit à vous donner l’impression de vrais mouvements de caméras… il y a en particulier deux passages du livre qui vous donneront le sentiment d’être au cœur d’un film d’action.

Un mot sur le héros. Henri Loevenbruck tient en Ari Mackenzie un excellent héros contemporain. Trentenaire désabusé refusant l’engagement sentimental, tête brûlée, Ari est un personnage attachant qui fait penser à ces flics américains de la prohibition auquel on aurait insufflé un peu de « french touch » qui donne du crédit au personnage. On sent également que l’auteur a donné à Ari (et à d’autres personnages) un peu de lui-même à en juger par le côté « vécu » de certaines situations. J’espère que dans la suite annoncée le personnage gagnera encore en texture, car j’aimerais vraiment faire une plongée dans le cerveau de ce type. Il y a en effet matière à explorer sa relation avec les sectes, l’occulte et à en sortir quelque chose d’unique.

Pour conclure, entre le moment où j’ai lu le livre et la publication de ce billet, j’ai eu le temps de lire des critiques de l’œuvre. J’ai été étonné par la virulence de certains à l’égard de ce livre. Je n’affirme pas que le Rasoir d’Ockham soit le meilleur thriller que j’ai lu. Je regrette le « reveal » un peu frustrant, dans la veine des
Thanatonautes de Werber. De même, il manque selon moi une explication ou des précisions relatives au rituel de l’assassin.

Pour autant j’ai passé un très agréable moment à lire. C’est ce que j’attends d’un livre. Certains reprochent  à l’auteur  son manque de style, son manque de profondeur et d’originalité…Ce sont pour moi les propos d’individus qui intellectualisent à outrance : j’ai trouvé dans le Rasoir d’Ockahm ce que j’étais venu y chercher : un très bon divertissement, dans le sens noble du terme. Je le recommande à ceux qui ont lu et apprécié les œuvres citées dans cet article.

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  1. « certains reprochenta a l’auteura son manque de style », je n’ai pas yout à  fait saisi ce point précis. à  paart cela, billet très intéressant, comme souventg ! merci et contine !

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