Je me rappelle la première fois où j’ai vu Requiem For A Dream : C’était le printemps, un début d’après-midi ensoleillé, le film venant comme prélude à une éventuelle promenade (voire une sieste).

A la fin du film, j’avais l’estomac tellement noué que je n’avais aucune envie de sortir, et j’avais cette impression que l’on ressent après de longs mois d’hiver, sans chaleur ni soleil.

Requiem For A Dream, parle des addictions aux drogues, à usage stupéfiant ou médicamenteux

Le film tourne autour d’ Harry. Harry a une mère : Sarah, une petite amie : Marianne, et un meilleure pote: Tyrone.
Harry et Tyrone, peu actifs, fument du shit mais tournent surtout au crack et à l’héroïne.
Marianne, elle, a des projets plein la tête, mais est aussi accro que ses amis.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes tant qu’ Harry et Tyrone ont de la dope et de l’argent en quantité. Les ennuis commencent lorsque l’héroine vient à manquer en ville.

Sarah la veuve, fantasme devant les jeux télévisés en attendant les (rares) visites d’Harry. Elle reçoit un jour une fausse invitation à son jeu favori. Pour rentrer de nouveau dans sa plus belle robe, elle se met à prendre des amphétamines comme coupe-faim.

Du printemps à l’hiver, les quatre saisons rythment la vie des personnages, dont les destins suivent le cycle des végétaux au cours du temps : éclosion, maturité, déclin, mort. Les liens si forts entre les antagonistes s’étiolent petit à petit, et les personnages finissent dévorés par leurs démons.

La puissance de ce film, c’est la progression dans l’intensité. C’est une descente aux enfers, comparable au début des montagnes russes : la montée progressive de l’émotion, puis la chute vertigineuse.

Le sujet étant plus l’addiction que la drogue elle-même, aucun jugement n’est porté sur les héros pour qui ont fait preuve d’empathie. On les accompagne dans leur chute, et ça fait mal.

Outres les saisons, le film regorge de symbolique, d’interprétations possibles. Je laisse le développement de ceci à l’intelligentsia.

Au niveau de la réalisation, le parti pris est de nous faire partager le trouble des héros à travers des effets visuels représentant les effets de la drogue. On comprend la détresse des descentes, ou de certains bad trips. L’intensité dramatique est accentuée par une musique obsédante, déchirante. Les notes de ces violons restent longtemps en tête. Vous ne pourrez que souligner la pauvreté créative des certains réalisateurs lorsque vous entendrez de nouveau ce thème très prisé par les émissions de real TV.

En conclusion, un film fort, percutant, intense. A voir d’urgence, ou à montrer aux personnes que vous voulez faire décrocher de la drogue.