Sortie il y plusieurs mois sur la chaîne Hulu et sur OCS Max en France, la Servante Ecarlate est une série télé de 10 épisodes qui a fait parler d’elle pour avoir remporté plusieurs prix lors des Golden Globes 2018. Elle décrit une Amérique malade et totalitaire, dans lesquelles les femmes sont utilisées comme des génitrices, des ventres uniquement destinés à faire des enfants. Bien accueillie par la critique, faut-il pour autant regarder la Servante Ecarlate ?

Adaptée d’un roman et diffusée sur Hulu et OCS Max en France, une plateforme VOD concurrente de Netflix, propriété de NBC, Walt Disney et 21st Century Fox, la Servante Ecarlate a fait parler d’elle en remportant à la surprise générale le trophée de la Meilleure série dramatique face à The Crown (sur Netflix et la Reine d’Angleterre), Game of Thrones (sur HBO et la Reine des Dragons), Stranger Things (sur Netflix et les enfants des années 80) et This is Us (sur NBC et sur le destin de 4 personnes nées le même jour).

10 épisodes de 45 minutes-1 heure donc pour décrire une dystopie américaine.
Vous vous en souvenez maintenant, la dystopie est un style de fiction opposé à l’utopie, et qui décrit un futur cauchemardesque comme La Planète des singes ou Bienvenu à  Gattaca.
A ne pas confondre avec l’uchronie, qui présente un futur alternatif : si l’électricité n’avait pas été inventée, si les Allemands avaient gagné la guerre, etc…

L’Histoire moche

Aux Etats-Unis donc, dans un futur proche, une dictature religieuse s’est installée. Les femmes en âge de procréer sont précieuses. Elles seront donc désormais des servantes avec cape et coiffe écarlates au service des hommes. Elles devront porter les enfants pour d’autres. Ceux et celles qui refusent, les infertiles seront pendus ou envoyées nettoyer les déchets toxiques. Celle qui s’appelle désormais Offred est une Servante Ecarlate.

Comment en est-on arrivé là ?

Tout l’intérêt de la série repose sur les questions qui entourent la situation politique, sociale et religieuse de cette société.
Comment aux Etats-Unis d’Amérique, pays de la Liberté, religieux mais sans plus, qui possède quelques armes (mais sans plus), qui aime et respecte les femmes, a-t-il pu basculer dans le fascisme religieux ?
Oui la réponse est dans la question et c’est ce qui fait la force de la série. On pressent en effet, qu’aujourd’hui, tous les ingrédients sont présents dans notre quotidien, disséminés ci et là pour bien déraper demain. On devine que certaines personnes ont aidé à créer cette situation, que d’autres ont pensé à en tirer profit, que sur le moment ce n’était pas grave, qu’on pouvait dire non. Et que tout ne s’est pas passé comme prévu, pas pour tout le monde.
Mais quelle est l’étincelle qui a fait flamber la société ? Comment les gens ont-ils pu accepter sans rien dire ?
Heureusement, aujourd’hui, personne ne tolérerait cette situation. Pas chez nous !

Forces et faiblesses

Le scénario et la photographie sont les deux grands piliers de cette série. Le suspense est présent tout au long de la saison, et chaque épisode lève progressivement le voile sur les Evénements. Basé sur un roman publié en 1985 par la canadienne Margaret Atwood, la série fonctionne plutôt bien sur ce plan-là. D’autant plus que la photographie est belle. L’atmosphère glaciale, pesante voire violente de cette nouvelle société est parfaitement retranscrite. Les costumes sont beaux, d’un rouge écarlate immaculé et les belles maisons victoriennes cachent parfaitement la tristesse et le fascisme religieux.

Tout serait parfait si le rythme n’était pas aussi lent. Oui évidemment il contribue à construire cette tension, cette chape idéologique et psychologique autour des personnages centraux. Oui, il nous isole et nous enferme comme Offred, qui elle aussi trouve le temps long.
Mais les gros plans sur l’œil larmoyant de l’héroïne, sur la poussière qui tombe, sur une cuillère immaculée, les longues séquences sur ses promenades, les regards comme des appels à l’aide, les reflets sur une vitre embuée, oui on a compris.
La lenteur n’est jamais un problème lorsqu’elle exprime différentes choses en différents endroits. Lorsqu’il s’agit toujours de l’ennui dans la chambre d’Offred ou de la peur au Supermarché, cela en devient lassant.

Le casting 3,5 étoiles

Les acteurs s’en sortent globalement très bien. Et heureusement car sur les 10 heures de la série, vous allez beaucoup, beaucoup voir Elisabeth Moss, Joseph Fiennes et Yvonne Strahovski.
La première, qui joue Offred la Servante, s’est fait connaître du grand public grâce à son rôle de Peggy Olson dans Mad Men en 2007.
Le frère de Ralph Fiennes tient son rôle de bourgeois fasciste (avec quand même un cœur qui bat au fond de son cœur ?) sans pour autant crever l’écran.
En revanche, celle qui jouait Sarah dans la série Chuck et plus tard Hannah Mc Kay l’empoisonneuse dans Dexter, incarne (un peu trop ?) parfaitement son rôle de très jolie méchante blonde, vicieuse et jalouse qui s’en prend à la moyenne servante qui possède quelque chose qu’elle n’a pas : la fertilité.
Ceux qui auront vu Orange is the new black apprécieront revoir Samira Wiley, qui jouait Poussey Washington.
Enfin, Nick le chauffeur n’a aucun intérêt.

C’est pour vous si

La Servante écarlate est globalement une bonne série qui mérite d’être vue.
La thématique de la misogynie, de la violence faite aux femmes, de l’intégrisme religieux, du pouvoir politique et de la doctrine sont parfaitement dans l’air du temps et comme dans un épisode de Black Mirror, on se plaît (ou on frissonne) à imaginer que cela pourrait parfaitement arriver. A moins que cela soit en train de se produire ?
En revanche, si vous ne supportez pas les ambiances qui s’installent, les tensions grandissantes, votre patience risque d’être sollicitée. Si en plus, vous êtes allergique à Elisabeth Moss, vous devriez peut-être vous tourner vers le remake de Mac Gyver…

 

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