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Après le succès critique de « House of Cards », le réseau américain de « VOD » Netflix propose une nouvelle série dans l’univers carcéral féminin nommée « Orange is the new black ». Loin d’être pesante comme « Oz » ou affligeante comme « Prison Break » , OITNB est distrayante, (presque) réaliste et montre sans détour les problématiques liées à l’enfermement, entre violence et manque de tendresse, saphisme et amitiés.

La drogue c’est mal

AffichePiper Chapman est une jeune et jolie trentenaire jouée par Taylor Shilling. Elle vit le parfait amour new-yorkais avec Larry (Jason Biggs), son futur mari.
Malheureusement elle doit se préparer à aller en prison pour 15 mois. Son passé vient de la rattraper et à cause d’un crime commis 10 ans plus tôt, cette jeune citadine branchée, habituée aux beaux quartiers, va alors découvrir un univers bien éloigné de son quotidien, la prison pour femmes.
Elle va devoir apprendre à survivre et se confronter à son ancienne amante, Alex Vause (Laura Prepon alias Donna dans « That’s 70 Show »).

« Vous n’êtes pas obligée d’avoir des rapports lesbiens »

Déclinée en 13 épisodes de 60 minutes, la série prend au moins deux heures pour se mettre en place, situer les personnages principaux, les enjeux. Par la suite, le reste se regarde très facilement avec quelques cliffhangers bien placés et des intrigues qui se déclinent par épisode. Progressivement, les personnages se dévoilent et se racontent en prison comme en dehors.
La série est drôle et tendre mais parfois dure et choquante comme pourrait l’être la vie en prison. Piper Chapman est comme nous, une spectatrice qui va découvrir les codes et les règles. A qui faire confiance ? Aux gardiens ? A celles qui vous aident (au risque de devoir payer votre dette) ? Aux anciennes ou aux nouvelles qui doivent faire leurs preuves ? Très souvent,  il n’y a pas de bonne décision, seulement la nécessité d’assumer les conséquences

Comme dans Wilfred, les thèmes se déclinent progressivement au fur et à mesure de la série.
Le respect, la couleur de peau, la religion, l’amour, le sexe, le besoin de tendresse, le secret, le décalage avec la vie extérieure sont toujours au cœur des aventures de Chapman.

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Très réussi

Les acteurs portent une grande partie de l’intérêt de la série. Taylor Shilling, même si elle ressemble énormément à Reese Witherspoon, parvient rapidement à échapper à son rôle de jolie blonde, bête et pénible, genre Taylor Swift, pour proposer un personnage sensible et courageux.
Même gageure pour Jason Biggs, qui porte ses rôles de crétin dans American Pie comme un boulet mais qui finit par s’en sortir. Laura Prepon, qui jouait Donna la gentille et pétillante rousse dans « 70 Show », détonne en détenue brune austère et tatouée. Enfin, le personnage de Crazy Eyes est flippant à souhait.

Une saison 2 en production

orange-is-the-new-black-laura-preponNetflix devait assurer avec sa deuxième série maison et a finalement très bien fait les choses. Le rythme est bon et le ton suffisamment décalé pour accrocher rapidement. Cadeau bonus, des petites scènes lesbiennes (soft !) émoustilleront les plus moustachus d’entre vous. N’hésitez pas à acheter cette série (même s’il n’y a pas encore de diffuseur en France mais ca ne saurait tarder) !

le titre

« Orange is the new black » est un titre plutôt bien trouvé mais très mystérieux à mon goût. En fait, il fait référence à l’expression américaine « XX is the new black ». « Ëtre le nouveau noir » signifie être la dernière chose à la mode. En matière de fringues, « cette année, le gris c’est le nouveau noir ».
Ici, le orange rappelle évidemment la couleur des combinaisons de prisonniers, celle que Chapman va devoir porter pendant sa peine. Ce sera sa nouvelle couleur à la mode. C’est aussi une expression un peu branchée et citadine, que pourrait dire Piper à New-York. Comme elle, c’est une phrase qui contraste complètement avec l’univers carcéral.