Vous cherchiez une bonne série pour passer l’hiver, voici une valeur sûre: The Knick. La recette est simple, prenez Clive Owen en tête d’affiche, mettez-le dans un hôpital new-yorkais au 19ème siècle, donnez la caméra à Steven Soderbergh et il ne reste plus qu’à déguster.

Diffusée sur Cinemax, la chaîne de Banshee, la série a débuté en août dernier. Elle comporte 10 épisodes de 52 minutes. La chaîne avait dès le départ, signé pour deux saisons. Elle était diffusée en France sur Orange Cinéma Séries (OCS Go)

Quand on mourrait de l’appendicite

the-knick-s1-character-thacNotre génération n’a aucun recul sur les progrès de la médecine. On sait que les bouchers de la Renaissance pratiquait des saignées pour vous tuer guérir. On sait qu’aujourd’hui, on peut vous greffer un visage. Mais on est loin d’imaginer quel niveau de connaissances les médecins possédaient au début du siècle dernier.
The Knick nous plonge dans cet univers, assez frontalement.
Le docteur John Thackery (C. Owen) se bat contre la mort avec chaque malade qu’il reçoit. Brillant chirurgien, il doit inventer ou essayer de nouvelles techniques à chaque fois. Il est accompagné par le Dr. Algernon Edwards, un chirurgien européen noir qui lui, lutte contre les préjugés, la ségrégation, le racisme.
Autour de l’hôpital Knickerbocker, c’est toute la société qui gravite.

Un casting efficace

the-knick-s1-character-lucyAu-delà de Clive Owen, qui a dû bouffer le budget acteurs, et de Soderbergh, pas de nom connu mais des acteurs efficaces et crédibles. Les personnages manquent un peu de profondeur mais on s’attache facilement à l’infirmière (Eve Hewson, la fille de Bono!), à la soeur, à l’ambulancier ou à Algernon (Andre Holland) tout en se demandant, dans quelle mare de sang tout cela va finir.
Attention, il ne s’agit pas de meurtre ou d’enquête criminelle mais simplement d’opérations chirurgicales.

Travail d’orfèvre

A la manoeuvre, Soderbergh a fait un travail de dingue. Chaque scène médicale est incroyablement réalisée, aussi propre et sanglante qu’un documentaire du Journal de la Santé. Après cette saison, les césariennes ou les hernies n’auront presque plus de secrets pour vous. Bon il se peut que vos patients ne survivent pas mais au moins vous saurez opérer comme au 19ème…
Le reste de la série est impeccable, la photographie est belle, les costumes, les décors d’époque sont bien retranscrits, on se croirait vraiment à New-York quand les migrants européens arrivaient par milliers et que les prostituées peuplaient Manhattan.

Une série médicale et sociale

the-knick-s1-character-gallThe Knick c’est d’abord une plongée dans un monde médical inconnu. Un monde dans lequel les médecins vous diagnostiquent une appendicite et vous annoncent que vous allez en mourir. Un monde dans lequel la syphilis règne avec la tuberculose, sans antibiotique, où on ne comprend pas bien les maladies mentales et où certaines maladies sont traitées par des médicaments bien pires. Basé et documenté sur des documents d’archives, on remercie le Ciel de ne pas être né à ce moment-là.

the-knick-s1-character-alge
Et puis The Knick c’est aussi la découverte d’une société émergente, peu connue. Les progrès scientifiques arrivent petit à petit mais socialement, ca n’avance pas très vite. Le racisme et la ségrégation sont omniprésents, au point que certains patients préfèrent mourir que d’être soigné par un Noir, aussi compétent et diplômé que l’est Algernon. Lui qui appartient à la Bourgeoisie doit se battre pour sa place. Imaginez le reste de la population. Les rivalités entre médecins, entre hôpitaux ne sont pas absentes aboutissant parfois sur le meilleur, d’autres sur le pire.
Prostitution, trafic de corps, violence, cette société incroyablement décrite paraît si lointaine et pourtant pas si différente d’aujourd’hui…
La campagne de promotion montre d’ailleurs tous pleins de personnages et qu’aujourd’hui infirmières ou ambulanciers ne sont plus ce qu’ils étaient...

the-knick-s1-character-cleaSi certains ressorts scénaristiques sont un peu convenus (un médecin brillant accro à la drogue autour duquel gravite une chef et deux collègues, ca vous rappelle quelqu’un?), The Knick est vraiment une très bonne série, avec un bon rythme, une belle réalisation et une trajectoire inattendue. De nombreux petits événements pimentent l’intrigue tout au long la saison pour aboutir à une fin presqu’inévitable.
Prenez vos scalpels, désinfectez vos mains à l’eau chaude et plongez dans les entrailles du Knick.