Les années 90 constituent un virage culturel pour la mode. En effet, c’est pendant cette décennie que la mode n’est plus une simple affaire de vêtements et de marques mais une réelle manière de s’identifier, de se retrouver, de se démarquer. Le style vestimentaire devient le « 4 par 3 » de la communication personnelle sur notre style de vie.Nevermind
Les 90’ c’est aussi l’émergence du Grunge avec le succès mondial en 1992 du groupe Nirvana et de son album culte Nevermind . Le style grunge se définit de prime abord par la « non-identité », dans les faits cette non-identité est extrêmement codifiée. Chemise en flanelle, jeans déchirés, baskets crades et détruites, aspect sale. Les Dr Martens et les Converses deviennent des « must have ». Que celui ou celle qui ne conserve pas une paire des marques citées précédemment se lève et s’avance que nous puissions les flageller en public. Les tee-shirts à l’effigie des groupes font aussi leur apparition, on assiste à une réelle tendance qui perdure au fil des années. Aujourd’hui on revoit de nombreuses personnes arpenter les rues vêtues d’un look « grunge », ce sont, selon moi, les enfants des années 90, ces jeunes qui ont mon âge ou presque qui ont été bercés par les sonorités de Nirvana auxquels les parents ont interdit de se rendre à l’école primaire habillés de la sorte, tout simplement parce que cela ne se fait pas.

 

Sneakers + Fluo = Hype

Autre objet de convoitise, la pump, cette célèbre basket commercialisée par Reebok et portée à la connaissance du monde par un certain Dee Brown victorieux en 1991 d’un concours de dunks. Dans les
années 90, la pump est un objet qui appartient à la culture hip-hop. De nos jours la pump est d’avantage portée par les amateurs d’électro et autres fluokids.


Souvenez-vous, c’est aussi dans les années 90 que nous avons vu apparaître les leggings, les vêtements fluos et le style minimaliste. Pourquoi donc sont-ils si tendance de nos jours alors qu’à l’époque on n’osait guère s’afficher fushia ? Mon intime conviction est que les années 90 étaient en avance sur leur époque. Oui, Madame, oui, Monsieur, les années 90 sont nées 10 ans trop tôt.
Mine de rien les mentalités ont évolué et les codes aussi. Les tendances de la mode s’expliquent par ce qui les entourent (comme la musique) et par des prescripteurs. Calvin Harris, par exemple, il y a 10 ans ils aurait été classé comme le ringard n°1 de la chanson, aujourd’hui c’est lui qu’il faut écouter pour en être.

 

Mode : pas que superficielle

C’est aussi dans les années 90 que nous avons découvert que la mode n’était pas seulement destinée à nous habiller et à notre moi social. Olivier Toscani, photographe des publicités Benetton, nous a montré que grâce à la mode on pouvait faire passer des messages vues à très grande échelle. En effet, si Toscani a commencé son oeuvre dans les années 80, c’est dans les 90’s que son travail peut enfin être montré sur la terre entière avec la chute des régimes totalitaires et grâce à un accès plus facile à l’information. Ce slogan « United Colours of Benetton » permet à la mode de dénoncer, de faire prendre conscience au monde d’une réalité. Ce phénomène a passé les barrières du temps puisqu’en 2007, il signe la campagne pour les vêtements no-l-ita, engageant ainsi la marque et par extension les gens qui portent cette marque dans la lutte contre l’anorexie.

A travers ces quelques exemples, nous pouvons affirmer que les années 90 ont été, à tort, appelées les années 0 culture dans la mesure où aujourd’hui nous revisitons sans cesse les codes mis en place à l’époque, prenons l’exemple des converses vues aux pieds de tous ces dernières années, de la pump qui redevient un must have, du legging, du fluo, du cardigan et d’un styleminimaliste. Niveau look des mois à venir, prevoyez vos chemises à carreaux (c’est difficile, je sais), ressortez vos baggies et ne rangez surtout pas vos sweats à capuche.