Tame ImpalaLorsque l’on pense à l’Australie en tant que terre musicale, deux pensées viennent souvent à l’esprit : d’un côté les mégagroupes qui ont été ou sont toujours en activité comme INXS, Midnight Oil, AC/DC et de l’autre la nouvelle vague electropop, représentée notamment par l’excellent label Modular avec Cut Copy, Midnight Juggernauts ou bien Empire Of The Sun.

Comme toujours, à y regarder d’un peu plus près tout n’est pas si bipolaire. L’exemple le plus probant est certainement The Apartments, qui, avec deux albums confidentiels mais sensationnels dans la première moitié des années 90 (Drift et A Life Full Of Farewells) sont devenus au fil des années un groupe culte. Leur retour inespéré cette année sur scène a engendré un formidable engouement  tout comme l’idée même d’un nouvel album. Côté groupes récents on peut citer Angus And Julia Stone, en mode folk boisé, les surexcités Wolfmother (aussi sur Modular) et leur magnifique rock old school ou The Sleepy Jackson alias Luke Steele dont on attend les nouvelles compositions après deux albums convaincants et finalement bien plus passionnants sur la longueur que sa récréation Empire Of The Sun.

Psychédélique et un peu crade aussi

Mais ça ne s’arrête pas là, le pays a vu éclore cette année un ovni musical, tout droit sorti des années 60-70 : Tame Impala et encore une fois c’est Modular qui signe. Et le tremblement de terre est si intense en Australie que les secousses se font enfin ressentir sur le vieux continent. Car à l’heure  où l’album paraît ici, les australiens sont déjà devenus incontournables dans leur pays. Nominés cinq fois pour les A.R.I.A Awards (Australian Recording Industry Association) dans les catégories « meilleur album rock », « meilleur groupe », « album de l’année », « breakthrough artist » et « artiste australien le plus populaire », ils pourraient bien tout rafflé.

En attendant les résultats le 7 novembre prochain, je peux d’ores et déjà vous confirmer que les éloges à leur sujet sont amplement méritées vu la qualité de leur premier album : Innerspeaker.

Cet album c’est d’abord un son dément, psychédélique, un peu crade aussi, façon Black Keys et noyé sous de la reverb’. D’ailleurs je ne peux que vous exhorter à vous procurer la galette au format Vinyle qui lui sied à merveille. Mais Tame Impala c’est aussi des compositions de haut vol, non sans rappeler les Beatles. Et le mélange modernité / nostalgie a rarement aussi bien fonctionné.

Trèves de blabla voici le morceau qui ouvre Innerspeaker : It’s Not Meant Too Be

Pas chroniqué mais vivement conseillé :

Black AngelsPhosphene Dream par The Black Angels:
Les Texans eux aussi aiment les années 70 et proposent également un rock atmosphérique, cette fois ci en lorgnant un peu plus du côté des Doors.

 

 

YOAVA Foolproof Escape Plan par Yoav:
Né en Israel et ayant grandit au Cap, Yoav se définit lui-même comme citoyen du monde et cela transparaît dans sa musique, voyageuse. Le genre de gars qui vous construit une chanson en 5 minutes avec sa guitare et un séquenceur. Une voix superbe, une vaste palette de percutions… le peuple ne peut que redemander des chansons de l’acabit d’Easy Chair.

JoyJoy (éponyme) :
Après avoir mis brutalement un terme à l’aventure Venus, l’un des meilleurs groupes belges de ces dernières années, Marc Huyghens revient avec sa nouvelle formation : Joy et dès les premières notes d’Empire quel plaisir de retrouver le son brut des instruments associés à la mélancolie de ses compositions et de sa voix.

VIOLENSAmoral par Violens:
Dans le genre revival des années 80 cette fois-ci, et qui plus est de bon goût, le premier album des américains de Violens est une vraie réussite, inusable machine à digérer le meilleur des Smiths ou de New Order notamment.

 

maximum BalloonMaximum Balloon (éponyme):
Décidément on n’arrête plus David Sitek, le cerveau de TV On The Radio qui s’offre ici une escapade electropop, groovy et sexy à souhait. Prenant et libérateur.

 

We love we loveWe Love (éponyme):
Nouvelle signature du label d’Ellen Allien : BPitch, cet album (le premier) surprend par sa maturité et la classe qu’il dégage. Un des grands moments électroniques de l’année.