8 novembre 2006

# Technikart Vs Province

Parti pour acheter un magazine que je n’ai pas trouvé, je suis rentré le week-end dernier avec le dernier Technikart. Pour ceux que ça intéresse vous trouverez un dossier assez complet consacré à Borat (info en passant puisqu’une note a été consacrée à ce sujet).
Vous trouverez également un article intitulé «  La revanche des oubliés du Buzz ». L’article dresse le portrait d’artistes comme Kamini et Yelle. Leur exploit ? Avoir réussi à générer du buzz autour de leur musique en n’habitant pas Paris. Ils n’habitent pas non plus Lyon, Marseille ou Lille…non la vraie province, celle qui sent la Terre et où l’on voit des vaches !
Et tout le monde de s’extasier de la hype d’un rappeur black qui décrit sa vie à la campagne, d’un MC Circulaire qui lance le plouc’sta rap Vendéen, ou Yelle qui propose une pop électro fluo décalée.

Moi, j’y vois surtout des artistes qui se lancent grâce à MySpace, des artistes qui réussissent grâce à leur talent (relatif, on ne va pas non plus crier aux génies), et pas une revanche des oubliées du Buzz. N’en déplaise aux rédacteurs de Technikart, la plupart des artistes connus sont issus de province, et ont du se rendre à Paris après signature avec un label. Ce qui arrivera sans doute à nos amis cités ci-avant. Le provincial n’est pas hype que quand il fait la promotion de son terroir.

Pour Technikart, la hype c’est vivre à Paris, avoir le cœur à gauche et le portefeuille à droite. Magazine résolument branchouille, Technikart c’est : des faits de société, de l’actu, de la culture. Le tout traité de manière pointue. Un bon programme en perspective.

Le seul problème, c’est l’absence d’objectivité et la suffisance des journalistes. Ca ne me dérange pas de lire une presse dont l’orientation est différente de la mienne. Au contraire, ça me permet de faire MA synthèse. Mais je n’aime pas que l’on réfléchisse à ma place, ou que l’on m’impose des vérités, et surtout que l’on dénigre mes convictions personnelles.
Je n’aime pas non plus quand un journaliste écrit dans un style qui n’a pour but que la démonstration de sa capacité à aligner trois épithètes et deux conjonctions de coordination. Le style doit servir le propos, l’inverse est du snobisme.
La culture, les faits de société peuvent être abordés avec des mots simples. C’est même comme cela qu’on les rend accessibles, qu’on évite l’élitisme. Comme le disait d’ailleurs un vieux professeur : « ce qui se conçoit clairement s’énonce clairement ».

Grosse déception donc pour ces retrouvailles avec « Tech ». Je resterai donc fidèle à mon Courrier International. En attendant j’invite tous les provinciaux à prouver qu’eux aussi peuvent être des « trend setters ».

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