29 octobre 2012

# Un automne made in France

Fin octobre déjà et toujours autant de bons disques à se mettre sous la dent. Aujourd’hui je m’attarde  un peu plus sur les productions nationales du moment…

SCENE ELECTRO

cover zombie rituels-dun-nouveau-mondeSur le front de l’electro, impossible de passer à côté de la sortie du deuxième disque de Zombie Zombie : Rituels d’un Nouveau Monde. Si vous ne connaissez pas le duo, petite piqure de rappel : Neman (Hemane Düne) et Etienne Jaumet (The Married Monk) produisent un son tout en percussion, beats et synthés vintage, aussi profond que planant, abyssal que cosmique. 4 ans après le très réussi et remarqué A Land For Renegades ils remettent ça, avec la même formule qui semble pouvoir se décliner sans limite. Les sons électroniques sont justes divins et Etienne Jaumet prend un infini plaisir à triturer ses potentiomètres alors que la batterie de Neman est souvent plus en retrait dans la production pour garder un son très rond, et des ambiances toujours aussi hallucinogènes. Rocket #9, single éclaireur et, une fois n’est pas coutume chanté, emprunte un format quasi « pop » et nous propose de décoller pour Venus. Mais les Zombie Zombie ne sont jamais aussi doués que lorsqu’ils prennent le temps de peindre de nouveaux paysages sonores : que ce soit avec des Illuminations aussi inquiétantes que dansantes,  perdus en Forêt Vierge ou transportés vers l’Age d’Or. Un disque il faut le dire assez énorme qui donnera sa pleine puissance en live, là où les deux compères révèlent encore un peu plus leurs pouvoirs magnétiques au cours de sets à haute teneur psychédélique.

Pas chroniqué mais vivement conseillé

Rone-Tohu-BohuLe deuxième album De Rone (Tohu Bohu), producteur français exilé à Berlin est paru sur Infiné, (le label de son pote Agoria) et c’est un petit bijou de raffinement électronique.

 

 

 

 

SCENE POP

lescop coverCôté pop, ces dernières semaines ont été marquées par la déferlante Lescop qui, il faut bien l’avouer dépoussière le genre. Produit par John & Jehn, on retrouve le son proposé sur le dernier album du duo : Time for The Devil avec une vraie différence toutefois, des complaintes en français et pas toujours dénuées de sens. L’ex membre d’Asyl prend la relève d’un mouvement new wave français en mal d’inspiration depuis Taxi Girl et qui devrait ravir public comme critique.

 

baden colineAutre groupe dont je vous ai déjà loué les bienfaits : Baden Baden, qui vient de sortir Coline, premier album assez mélancolique. Ici on retrouve deux des tubes de l’EP 78 : Anyone et 78 et en fil conducteur ce même goût pour les mélodies frissonnantes, en anglais (Good Heart) comme en français dans le texte (la Descente, Je Sais Je Vais). Un très bon disque pop rock made in France qui se conclut de la plus belle des manières avec le titre plus progressif Last Song.

 

SAEZ_MESSINAPour terminer un petit mot sur un artiste qu’il est de bon ton de censurer : Saez ; j’en parle d’autant plus facilement que je ne suis pas du tout un fan. J’ai toujours eu du mal avec ce côté « tous pourris » et une musique qui alterne entre perles et très anecdotique. Je n’avais pas aimé « J’accuse », le précédent album extrêmement inégal, et autant dire qu’en voyant débarquer le nouvel opus Messina et ses 3 volumes j’étais assez sceptique.
Comme d’habitude rien n’a filtré avant la sortie de l’album, Damien Saez semblant assez frileux avec les médias et on ne peut pas lui reprocher. Reste que Messina est un pied de nez aux productions actuelles avec ses 2h30 de musiques et ses formats de chanson non calibrés, dépassant quasi tout le temps les 5 minutes. Premier constat les orchestrations sont superbes et au service de textes extrêmement bien écrits. La voix de Damien a gagné en maturité tout en dévoilant une fragilité nouvelle (Aux Encres des Amours) et la colère, bien que toujours omniprésente, se fait plus sombre (Fin des Mondes). Continuellement emprunt de nostalgie (Le bal des lycées), Saez réussit sur « les Echoués » (Disc 1) et sur « Messine » (Disc 3) à faire passer une foule d’émotions sans trop en faire et c’est là toute la différence. Pour ce qui est de « Sur les Quais » (Disc 2), on le retrouve dans un registre plus énervé, dans la rythmique notamment, et on perd nettement en profondeur musicale.

Si l’homme se dit inspiré par Baudelaire, Ferré, Brel on peut ne s’empêcher de penser à Bertrand Cantat qui citait souvent en exemple ces mêmes artistes (Cf Into The Wild). Un album intime et un artiste si prolifique que la suite est déjà prévue pour décembre. Changement de cap ?

En écoute

Zombie Zombie : Illuminations

Rone: Bye Bye Macadam

Lescop: Slow Disco

Baden Baden: Good Heart

Saez: Into The Wild

Join the conversation! 3 Comments

  1. Bonjour,
    Merci pour les découvertes, je vais commencer avec l’album de Rone que je viens d’acquérir.

  2. Petit ajout de ma part; après plusieurs écoutes de Vengeance de Benjamin Biolay, le moins que l’on puisse dire est qu’il aurait trouvé sa place dans cet article. Un album plus joyeux que la superbe, plus éclectique aussi mais d’un niveau équivalent. De nombreux featuring au programme avec notamment la funky « Belle époque » (Oxmo Puccino), le superbe « Ne regrette rien »(Orelsan, l’orchestral « Vengeance » (Carl Barat)ou encore l’électronique de « Sous le lac gelé » (Gesa Hansen). Ailleurs de la dance de « Marlène déconne » à la new wave de « l’insigne honneur » je ne vois pour le moment aucun défaut à cette Vengeance de haute volée. A bon entendeur…

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Culture

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