Tout a été dit sur le couturier texan de 48 ans. Si son nom revient très souvent comme un grand de la mode, c’est un touche-à-tout qui réalise aujourd’hui « A single man », son premier film adapté d’un roman de Christopher Isherwood. Qui est-il, quel est son style et pourquoi est-il Tom Ford ?

Après avoir effleuré, à ses débuts, des carrières d’acteur ou d’architecte, il s’oriente vers la mode. En 1990, il devient directeur artistique de Gucci, qu’il arrive à relancer notamment grâce au succès du smoking pourpre (impossible de trouver une photo !!) ainsi que des modèles directement inspirés des années 50. En parvenant à faire porter ses vêtements à des stars comme Madonna ou Gwyneth Palthrow, la marque italienne est relancée. Au top de sa gloire, Tom Ford possède tout : la fortune, des voitures, des maisons partout dans le monde, des œuvres d’art. Débute alors une période débridée dans laquelle il est libre de faire ce qu’il veut, ce qui comprend selon lui « beaucoup de vodka et de cigarettes ».
Lorsque Gucci est racheté par PPR, son transfert chez Yves Saint Laurent marque un tournant. Si au début, les rapports sont cordiaux, le courant ne passe plus du tout avec St Laurent et Bergé après qu’il ait dessiné une collection entière en noir et blanc. Son parcours chez YSL, il le résume simplement : « tout était négatif », « je grimpais une échelle contre un mauvais mur ». Il plonge alors dans une dépression profonde qui lui fera quitter Gucci en 2004.

Boutique Tom FordAprès s’être relancé chez Estée Lauder pour la création d’une ligne de cosmétiques, il créée finalement sa propre marque et ouvre des boutiques luxueuses de prêt-à-porter à New York puis Zurich, Milan, Las Vegas, Dubai, Berverly Hills.

C’est la jolie Carolin Murphy et ses traces de bronzage, l’égérie Estée Lauder, qui devient d’ailleurs le visage Tom Ford pour les lunettes de soleil. Accompagnée de Micolas Hoult (Mad Max 4), ils interprètent ensemble un couple glamour des années 50, dans le pur style de ce que faisait Ford chez Gucci. Une campagne qui remporte un franc succès.

Tom Ford Sunglasses

Un style Tom Ford ?

Tom FordEn tant que styliste, Tom Ford se distingue par des coupes et des mélanges de motifs audacieux. Il met en avant des lignes très ajustées, près du corps, parfois poussées à l’extrême, ce qui élimine d’office les morphologies un peu trop généreuses. Les revers en pointe sont quasiment toujours associés à des vestes droites (des revers que l’on trouve normalement sur des vestes croisées) et sont souvent très prononcés. De l’audace et de l’élitisme qui ne permettent pas à tout le monde de s’offrir un costume à 5000$.
En tant qu’homme, Tom Ford se présente quasi constamment dans un costume noir, veste un bouton, avec une chemise blanche qu’il déboutonne jusqu’au milieu de la poitrine. Un style qu’il impose comme une signature photogénique, luxueuse, intemporelle mélange de formalisme et de glamour. C’est sa marque de fabrique depuis près de 10 ans.
En privé, il ne se néglige pas pour autant et enfile un costume retravaillé : blazer marron, chemise blanche western, un jean et des boots de cowboy. Un look pas moins décontracté mais qui lui rappelle assurément à ses origines texanes.

La cible préférée des féministes

Tom Ford aura usé et abusé du porno chic pour ses campagnes publicitaires. Il s’est illustré plusieurs fois en affichant ses parfums, lovés entre les seins nus d’un mannequin ou utilisés comme cache-sexe. Tom Ford aime mettre des doigts dans la bouche, déshabiller ses modèles, jouer avec les codes de la domination. Sulfureux, provocateur, Tom Ford n’est pas l’ami des chiennes de garde. Ses campagnes ont souvent été signées Terry Richardson, photographe célèbre pour son style provocateur, mêlant sexe et trash, capable de rassembler des univers bien différents, de Barrack Obama aux stars du porno.
S’il est conscient d’avoir beaucoup contribué aux années bling-bling, Tom Ford essaie désormais de faire évoluer sa communication vers un style plus rétro, plus glamour et retire désormais la griffe de ses lunettes.

Cinéma, cinéma….

A single manEn réalisant « A single man », adapté du roman de Christopher Isherwood, Tom Ford réalise un vieux rêve. D’une portée autobiographique non négligeable, le film raconte « la dépression » d’un professeur d’université après la mort de son compagnon. Réunissant Colin Firth et Julianne Moore, la critique fut plutôt bonne (prix d’interprétation masculine à Venise) et le succès public honnête (120 000 entrées). C’est un film qui n’est pas destiné aux fans d’action mais plus, aux amoureux d’esthétique. Un travail sur les couleurs a ainsi été réalisé pour que les couleurs s’intensifient en fonction des humeurs du personnage principal. Des touches imperceptibles de style qui ont demandé 6 mois de montage, alors que le tournage n’avait demandé que 21 jours.

Un style Tom Ford ? Deux fois oui. Touche-à-tout talentueux, le Texan sait imposer un style brut(al) et sensible dans des univers bien différents. Qu’il s’agisse de casser les codes d’un genre pour les réinventer ou bien de jouer avec les détails, sa griffe se reconnaît et s’impose souvent comme une évidence. Faire du Tom Ford a aujourd’hui un sens.
Rangé des excès (il ne boit plus, ne fume plus), il semble qu’il prépare désormais son retour avec une ligne de prêt-à-porter féminin, tout en conservant ses costumes sur-mesure pour hommes et sa marque de lunettes.
Tom Ford est un Américain, un homme sans frontière, capable du pire et souvent du meilleur.

Join the conversation! 2 Comments

  1. mon copain a adoré le film et a piqué plein d’idées shopping (du costume aux chaussure grises jusqu’a d’autres choses (j’ai oublie)…
    bises
    cool article

  2. Impressionnant ce portrait.
    Cet homme a presque tout connu et il rebondit à chaque fois.

    Très bonne Chronique.

Comments are closed.

Category

Culture

Tags

, , , , , ,